Anesthésiste soupçonné d'empoisonnements : "J'espère qu'il n'est pas le monstre dont on entend parler"

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Un médecin anesthésiste reconnu est soupçonné d'avoir provoqué sept empoisonnements dont deux mortels. Dans son entourage médical, c'est la consternation.

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Il était un médecin reconnu et apprécié. A 45 ans, il exerçait comme anesthésiste dans plusieurs cliniques de la région de Besançon. Lundi, il a été mis en examen pour empoisonnement avec préméditation, soupçonné d'avoir volontairement empoisonné sept de ses patients, dont deux en sont morts.

"Doses qui ne pouvaient pas être accidentelles." C'est le premier décès suspect qui a déclenché l'enquête. Il y a neuf ans, un homme de 53 ans décède sur la table d'opération sans raison apparente. L'agence régionale de santé (ARS) commence à signaler d'autres cas suspects. A chaque fois le même schéma se présente : un patient sans prédisposition particulière subit une opération qui se passe bien, jusqu'à ce qu'une injection d'une dose mortelle de produit provoque un arrêt cardiaque. Avec le bilan de sept victimes dont deux morts, le parquet de Besançon ne croit pas à l'erreur médicale répétée et évoque des "doses administrées, qui ne pouvaient pas être accidentelles", a insisté la vice-procureure. Sans compter que les qualités techniques du médecin étaient reconnues tout comme son expérience, forte de plus de 2.000 opérations par an. 

"C'est juste horrible". La thèse du suicide assisté ne convainc pas plus au regard de l'âge des victimes, plutôt jeunes, et qui venaient pour la plupart pour des opérations bénignes comme une simple fracture. Le médecin nie fermement les accusations. "Il est dans l’incompréhension totale", indique son avocat. Mais dans son entourage médical, la stupeur est immense. "On est tous choqués. L'ambiance est lourde ce matin. C'est un médecin qu'on croisait tous les jours", raconte une femme qui travaille dans une clinique où il a exercé. "Il avait promis de sauver des gens et au lieu de ça, il les tue. C'est juste horrible. L'année dernière, il a fait partie de l'équipe qui a opéré ma sœur du genou, il aurait pu la tuer", poursuit-elle. "J'espère que tout ça n'est qu'une erreur et qu'il n'est pas le monstre dont on entend parler depuis hier."

L'une des cliniques concernées, l'établissement Saint-Vincent, s'est par ailleurs exprimée dans un communiqué : "Nous sommes tous très choqués, nous espérons que les conclusions de l'enquête permettront d'établir les responsabilités." L'homme encourt la réclusion à perpétuité.