Ancienne Jungle de Calais : "ne pas montrer de faiblesse parce que les passeurs sont toujours là"

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Deux mois après l'évacuation de la Jungle, la vigilance est toujours de mise pour éviter qu'un nouveau camp ne se forme à Calais.

REPORTAGE

À Calais (dans le Nord) deux mois après l'évacuation de la Jungle, un important dispositif reste en place pour dissuader le retour des migrants. La préfecture du Pas-de-Calais a tenu à démentir cette semaine les rumeurs faisant état d'une reconstitution de plusieurs camps sauvages dans la région de Calais. Et même s'il y a ici ou là quelques tentatives de passages vers la Grande-Bretagne, les migrants ont pratiquement disparu.

Une vigilance permanente. Si les migrants sont partis, le dispositif policier, lui, n'a quasiment pas bougé. Ils sont plus de 400 CRS sur place. Des patrouilles anti-squat, parfois aidées d'un hélicoptère, surveillent les maisons et les hangars abandonnés. Aux abords de la rocade portuaire, le mur anti-intrusions a été construit malgré les recours de la mairie. Le but de ce dispositif est clair : dissuader toute tentative de retour d'un camp.

"Il ne faut surtout pas baisser la garde trop vite." "Il ne faut surtout pas montrer de faiblesse parce que les passeurs, eux, sont toujours là", explique Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais. "Ils regardent ce que nous faisons et Calais restera toujours attractif à cause de sa proximité avec le Royaume-Uni. Il ne faut surtout pas baisser la garde trop vite." 

Car le passage de migrants est un business lucratif. Pour 1.000 ou 2.000 euros, parfois plus, ces passeurs guidaient les migrants dans le port pour déjouer les contrôles à l'embarquement des ferries. Les groupes les plus organisés sont les Albanais : ils logeaient dans les hôtels du centre-ville et le soir, on les voyait rôder dans les parkings de la zone portuaire.

Des mineurs prêts à tout. S'il n'y a pas de retour massif de migrants, les associations recueillent toujours quelques mineurs dont les dossiers ont été refusés par le Royaume-Uni. Ils tentent donc de traverser la Manche par leurs propres moyens. Ces jeunes gens sont prêts à risquer leurs vies pour rejoindre leurs familles.

"Ces jeunes n'ont pas les moyens financiers pour payer les passeurs donc ils se contentent d'essayer de passer par leurs propres moyens", constate Christian Salomé de l'Auberge des migrants. "Ce que je crains, c'est qu'on ait beaucoup de décès comme samedi dernier où un jeune est tombé d'un camion. Je pense que c'est ça, le risque." Pour éviter que les migrants ne se mettent en danger pour passer en Angleterre, les associations réclament la création d'un centre d'accueil permanent à Calais.