Alliance dénonce "un sentiment d'impunité" chez les agresseurs de policiers

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Alliance dénonce "un sentiment d'impunité" chez les agresseurs de policiers
"Le Premier ministre se trompe en balayant d'un revers de main tout dispositif permettant de protéger les policiers de ceux qui les agressent !", a déclaré le secrétaire général adjoint d'Alliance.@ Thomas SAMSON / AFP
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Réagissant à des déclarations du Premier ministre mercredi matin, le syndicat a réitéré son appel à des "actes forts" envers les agresseurs de policiers.

Le syndicat de policiers Alliance a dénoncé mercredi "un sentiment d'impunité" chez les agresseurs de policiers, alors même que les peines prononcées sont de plus en plus lourdes, selon les chiffres officiels.

Réponse à Édouard Philippe. Ce syndicat réagissait auprès de l'AFP après des déclarations du Premier ministre Édouard Philippe, qui s'est dit "horrifié" par "le comportement évidemment criminel" des auteurs de l'agression de deux policiers le soir du Nouvel An à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Il a dit souhaiter "une grande sévérité judiciaire et pénale" mais expliqué se "méfier" des "réactions qui passeraient par un élément législatif", au sujet d'un éventuel rétablissement des peines plancher réclamées par des policiers.

"Nous ne pouvons accepter ses déclarations". "Le Premier ministre se trompe en balayant d'un revers de main tout dispositif permettant de protéger les policiers de ceux qui les agressent !", a déclaré Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d'Alliance. "Nous ne pouvons accepter ses déclarations qui laissent sous-entendre que les lois actuelles suffisent pour nous protéger", a-t-il poursuivi. "Tous les indicateurs concernant le nombre de blessés en service démontrent le contraire, mais aussi que les délinquants sont imprégnés d'un sentiment d'impunité", a-t-il jugé.

"Il nous faut des actes forts". "Les déclarations d'intentions ne suffisent plus. Il nous faut des actes forts. Un délinquant qui agresse un policier dès lors que les faits sont établis doit aller en prison. (...) C'est la seule possibilité pour inverser ce sentiment d'impunité. Croire le contraire, ce serait croire au retour du monde des Bisounours !", selon le syndicaliste.

Les peines pourtant de plus en plus sévères. Selon le ministère de la Justice, le taux de réponse pénale est de 95% en cas de violence commise par un majeur contre une personne dépositaire de l'autorité publique, soit 12% de plus que dans les autres cas de violence. "Le nombre de condamnations prononcées pour des violences délictuelles sur personne dépositaire de l'autorité publique est en augmentation depuis 2006 et les peines prononcées sont aujourd'hui plus sévères", a expliqué la chancellerie, sollicitée par l'AFP.

Le nombre de condamnations pour violence sur personne dépositaire de l'autorité publique s'est établi à 5.758 en 2016 (4.457 en 2006). Plus de 42% de ces condamnations concernent des peines de prison ferme (contre 32,8% e 2006). La peine moyenne d'emprisonnement ferme était en 2016 de 5,27 mois, contre 3,5 mois en 2006.