Algues vertes : mort suspecte en Bretagne

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Algues vertes : mort suspecte en Bretagne
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Une enquête préliminaire a été ouverte lundi, concernant la mort, en juillet, d'un homme qui avait été en contact avec des algues vertes.

Les algues vertes ont-elle fait leur première victime ? Un homme de 48 ans, mort à la suite d'un malaise au volant de son poids lourd le 22 juillet dernier, dans les Côtes d'Armor, pourrait avoir succombé après avoir été en contact avec des algues vertes.

La victime travaillait à l'usine de compostage de Launay-Lantic (Côtes d'Armor) et avait déchargé des caissons d'algues vertes à trois reprises dans l'après-midi où est survenu son malaise fatal. Les secours avaient d'abord conclu à un arrêt cardiaque, mais le président du centre de traitement des ordures, Thierry Burlot, a fait part de ses doutes dans un courrier adressé le 25 août au préfet des Côtes d'Armor, Jean-Louis Fargeas.

Des doutes relayés par les associations. "Il y a de fortes suspicions que ce décès soit lié aux algues vertes", a indiqué Yves-Marie Le Lay, de l'association Sauvegarde en Trégor. En outre, un chercheur souligne que "les scénarios" d'intoxication aux algues vertes, dûs au gaz dégagé par la décomposition, ressemblaient "étrangement" à ce décès.

Ces suspicions sont nées après les propos du premier ministre, François Fillon, sur l'extrême toxicité des algues vertes en décomposition, le 20 août dernier, lors de sa visite dans le département. Des associations dénonçant les dangers de l'algue verte soutiennent également cette thèse.

Une enquête préliminaire a été ouverte lundi, afin de "déterminer s'il y a un lien entre le décès et les algues vertes", a indiqué le procureur de Saint-Brieuc, Gérard Zaug. "Compte tenu de l'acte grave que constitue une autopsie après exhumation", celle-ci ne serait décidée que si des experts l'estimaient "médicalement utile". La famille du défunt a fait savoir qu'elle s'y opposerait.

Les autorités tenteront "dès le printemps des opérations de ramassage en mer" des algues vertes polluantes a annoncé la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno, dans un entretien publié dimanche dans Le Parisien. "Interdire l'accès aux plages n'est pas nécessaire dans la mesure où les algues ne sont pas dangereuses lorsqu'elles sont fraîches. L'urgence est donc de les ramasser", a-t-elle expliqué.