Intempéries : 10.000 foyers privés d'électricité

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Intempéries : 10.000 foyers privés d'électricité
Dans le Loiret, placé en vigilance rouge, il est tombé en 72 heures l'équivalent d'un mois et demi de précipitations.
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La Seine-et-Marne et le Loiret, en vigilance rouge "inondations", ont été fortement touchées mercredi par les intempéries. Sept autres départements restaient en vigilance orange dans la soirée. 

L'ESSENTIEL

De nombreuses localités du centre et de l'est de la France avaient les pieds dans l'eau mercredi, en raison de la crue exceptionnelle de plusieurs cours d'eau. Les départements du Loiret et de la Seine-et-Marne, placés en alerte rouge "inondations", ont été fortement touchés par les intempéries. 

Les principales informations à retenir :

  • La Seine-et-Marne et le Loiret sont placés en vigilance rouge "inondations"

  • Sept autres départements sont, eux, en vigilance orange : Loir-et-Cher, Cher, Indre, Indre-et-Loire, Meuse, Meurthe-et-Moselle et Moselle

  • Les transports ferroviaires et routiers sont impactés par les inondations, surtout dans le centre de la France

  • 10.000 foyers sont privés d'électricité

  • Deux départements en vigilance rouge, sept en vigilance orange :  

Le Loir-et-Cher, le Cher, l'Indre, l'Indre-et-Loire, la Meuse, la Meurthe-et-Moselle ainsi que la Moselle ont été placés mercredi en vigilance orange "inondations". Après le Loiret, c'est la Seine-et-Marne, placée mercredi matin à 6h en vigilance orange, qui a basculé en cours de matinée en vigilance rouge. En Île-de-France les pluies ont provoqué de fortes perturbations dans les transports, déjà impactés par les grèves contre la loi Travail.

En tout, près de 10.000 foyers se sont retrouvés sans électricité dans le Loiret, la Seine-et-Marne et les Yvelines, selon Enedis (ex-ERDF).

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  • En Seine-et-Marne, le centre-ville de Nemours évacué : 

Après le Loiret, c'est  la Seine-et-Marne qui a été placée mercredi en vigilance rouge inondations, en raison d'une crue exceptionnelle. Nemours, Souppes-sur-Loing et Bagneux ont été particulièrement touchées par la montée des eaux. La maire de Nemours, Valérie Lacroute, a décidé de faire évacuer le centre-ville. Près de 4.000 personnes devaient être mises à l'abri dans des gymnases et des salles municipales, précise France Bleu. À Nemours, les niveaux atteints lors de la crue de 1910 (4,25 m) ont été dépassés en milieu de journée, et l'eau a continué de grimper dans l'après-midi (4,35 m à 14H).

Le préfet de Seine-et-Marne Jean-Luc Marx a en outre suspendu "les cours dans les écoles, les collèges et les lycées" dans 17 communes du "secteur critique du Loing", affluent de la Seine. "Nous avons mis à l’abri près de 700 personnes lors des dernières 48 heures", a déclaré le préfet sur Europe 1.

Le corps sans vie d'une femme de 86 ans a également été découvert flottant mercredi soir dans son pavillon inondé à Souppes-sur-Loing.  "On ne sait pas de quoi elle est morte, elle était peut-être morte avant, elle n'est pas forcément morte par noyade", a néanmoins précisé une source policière.

  • Dans le Loiret, les écoles fermées jeudi, le château de Chambord les pieds dans l'eau :

C'est dans le Loiret, placé en vigilance rouge, où il est tombé en 72 heures l'équivalent d'un mois et demi de précipitations, que se sont concentrées les plus grosses difficultés. Plus de 1200 personnes ont dû être évacuées. Les établissements scolaires du département seront fermés jeudi, après l'avoir déjà été mercredi. 79 routes ont été coupées. La préfecture du Loiret a par ailleurs interdit la circulation des poids-lourds sur plusieurs routes départementales : la RD2020, la RD2060 et la RD2152. La situation est particulièrement délicate à Montargis, où 3.700 logements étaient privés d'électricité mercredi matin. 

Par ailleurs, le château de Chambord, chouchou des touristes, situé dans le département du Loir-et-Cher, avait les pieds dans l'eau mercredi.

  • L'A10 coupée pour une durée indéterminée en direction d'Orléans :

Concernant les conditions de circulation, l'A10 "reste coupée pour une durée indéterminée en direction d'Orléans, depuis Saint-Arnoult et Tours. L'accès à Orléans reste également impossible par l'A71 en provenance de Vierzon et Bourges", précise Vinci Autoroutes.

  • Situation délicate dans l'Est :

Trois départements de l'Est ont également été placés en vigilance orange : la Moselle, la Meuse et la Meurthe-et-Moselle. Dans la Meuse, 30 maisons ont été touchées par le débordement de l'Orne, rivière du nord du département mise dans la soirée en vigilance orange, selon la préfecture. En Moselle, la circulation des trains entre Thionville et le Luxembourg, interrompue depuis lundi, à cause d'un incident à un poste d'aiguillage provoqué par la pluie, devrait encore rester perturbée plusieurs jours. Cette ligne est fréquentée chaque jour par 8.000 à 10.000 personnes, des travailleurs frontaliers notamment.

  • Et en Île-de-France ?

Les inondations ont causé des perturbations dans les transports franciliens, déjà affectés par une grève contre la loi travail. Aucun train Transilien, intercités ou TER ne circulait mercredi entre Paris Montparnasse et Versailles-Chantiers. Le RER D, ainsi que la ligne R du Transilien entre Paris, Melun et Monterau étaient touchées, avec des retards et/ou des suppressions de trains. En Essonne, un collège de 530 élèves a été évacué à Gif-sur-Yvette. 

À Paris, une partie des voies sur berges a été fermée, et le niveau de la Seine pourrait dépasser les cinq mètres en fin de semaine selon Vigicrues. Mercredi, le fleuve trempait déjà les pieds du zouave du pont de l'Alma, célèbre statue qui sert de repère aux Parisiens. Mais il n'existe pas de risque de voir la capitale paralysée par les eaux, d'après Marc Vincent, directeur général des services techniques de Seine Grands Lacs. "La situation est très différente de celle de la crue de 1910", a-t-il expliqué sur Europe 1.

  • Un événement exceptionnel, près de 8.000 interventions des pompiers :

Les pluies tombées ces derniers jours sont un "épisode tout à faire exceptionnel" se produisant en "moyenne tous les 100 ans", d'après François Jobard, prévisionniste à Météo France. Au total, les inondations ont nécessité 8.000 interventions des pompiers ces derniers jours, dont un quart dans le Loiret, a déclaré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.