Alcool : une campagne de pub donne des chiffres obsolètes

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Alcool : une campagne de pub donne des chiffres obsolètes
@ JEAN-PIERRE MULLER/AFP
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Quelques jours après l'assouplissement de la loi Evin, une campagne de pub de la filière viticole dans la presse fait débat. Les "repères de consommation" cités ne sont plus à l'ordre du jour.

C'est un nouveau bras de fer entre le lobby de l'alcool et celui de la santé. Après l'adoption par les députés d'un amendement fin novembre assouplissant la publicité de l'alcool dans les médias, les effets ont été immédiats. Une vaste campagne de pub de la filière viticole a inondé la presse écrite : du JDD au Figaro sans oublier Le Monde, des pleines pages de verres de vin ou de champagne ont rapporté plus de 600.000 euros à ces titres.

Car l'objectif de la filière viticole, c'est d'informer le consommateur du nombre de verres de vin auquel il a droit par jour sans altérer sa santé : deux par jour pour les femmes, trois pour les hommes, avec au moins un jour d'abstinence par semaine. La publicité se réfère à des documents officiels de la Haute autorité de Santé et du programme national nutrition santé (PNNS). Seul hic : ces "repères de consommation" cités sont complètement obsolètes.

Datés de 2001. "Le programme national nutrition santé est beaucoup plus restrictif que les repères cités, qui datent de 2001. On voit qu'il y a une utilisation détournée de données scientifiques pour pousser à une consommation d'alcool qui va à l'encontre des recommandations de santé publique", s'étrangle Serge Herbercg, le président du PNNS.

Une référence pour les médecins. Même malaise du côté de la Haute autorité de Santé. Les chiffres mis en avant dans les publicités sont bien cités dans une brochure de novembre 2014… mais à destination des médecins. Ils servent seulement à repérer les personnes qui boivent au-delà et qui ont des problèmes avec l'alcool. L'autorité publique ne précise jamais que tout risque est écarté en-dessous de ces seuils. Et encore moins que ce sont des normes à respecter. Lundi, la Haute autorité de Santé n'excluait pas d'empêcher l'utilisation de son nom dans cette campagne publicitaire.