Aide aux migrants : "On ne laisse pas des gens mourir en pleine montagne"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Martine Landry risque cinq ans de prison pour "aide à l'entrée et au séjour de deux migrants mineurs en situation irrégulière".

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Le pape François doit célébrer en ce 14 janvier la Journée mondiale du migrant et du réfugié, journée définie comme telle par l'Eglise catholique. Alors que dans un mois exactement sera jugée à Nice une responsable locale d'Amnesty International, Martine Landry, jugée pour "aide à l'entrée et au séjour de deux migrants mineurs en situation irrégulière".

Ce qu’on lui reproche ? Avoir aidé à entrer en France deux jeunes Guinéens. Elle dénonce, dans un témoignage à Europe 1, dimanche, un nouveau procès pour "délit de solidarité".

"J’ai fait appliquer la loi !" Elle assure ne pas avoir enfreint la loi et ne pas avoir aidé ces deux jeunes Guinéens à franchir la frontière. Depuis 15 ans qu'elle travaille dans la Roya, Martine Landry dénonce au contraire le non-respect du Droit par les forces de l'ordre : "je n’ai pas passé la frontière ! Les mineurs en question, je les ai attendus au panneau ‘France’ et je les ai accompagnés au poste de police aux frontières pour qu’elle appelle l’aide sociale à la France afin qu’elle puisse venir les prendre en charge. Et ça, c’est la loi, donc j’ai fait appliquer la loi ! Les policiers français, au lieu d’appeler l’aide sociale à la France, envoient ces mineurs étrangers à la dernière gare française après l’Italie, on les fait monter dans un train et ils ne peuvent plus en descendre et se retrouvent en Italie. C’est révoltant !".

Elle risque jusqu'à cinq ans de prison. Ces derniers mois, les procès comme celui de Martine se sont multipliés. Des procès pour 'délit de solidarité' dénoncent les associations : "ce ne sont pas des réseaux, ni des passeurs. Il n’y a pas de rémunération. C’est tout simplement un geste de fraternité. On ne laisse pas des gens mourir en pleine montagne. Leur tendre la main ne peut pas être répréhensible par la loi dans notre pays", juge ainsi Pierre Henry, qui dirige France Terre d'Asile.

Martine Landry risque pourtant jusqu'à cinq ans de prison, et 30.000 euros d'amende. Tous les récents procès de ce genre se sont soldés par des peines avec sursis.