Affrontements à Montreuil : la police critiquée

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Affrontements à Montreuil : la police critiquée
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Dominique Voynet a demandé mardi l’ouverture d’une enquête suite à "des violences inutiles" selon elle de la part de policiers.

Entre 250 et 300 manifestants, qui s'étaient regroupés lundi en fin d'après-midi à Montreuil, en Seine-Saint-Denis ont affronté lundi soir les forces de l'ordre pendant près d'une heure. Le rassemblement était appelé en soutien à Joachim Gatti, blessé le 8 juillet dernier par un tir de flash-ball et qui a perdu un œil, lors d'un rassemblement de soutien à des expulsés d'un squat. "Il m'en reste un et avec lui une haine sourde", a-t-il fait lire lundi soir au cours de la manifestation.

Une douzaine de personnes ont été interpellées et relâchées dans la nuit de lundi à mardi. Parmi elles, un journaliste stagiaire du Monde,Adrien Morin. Ce dernier a raconté au Monde être resté toute la nuit en garde à vue bien qu'il ait répété être journaliste, ajoutant avoir entendu les policiers traiter deux manifestants interpellés de "sales gauchos".

Un premier face à face tendu s'était produit vers 19 heures entre les forces de l'ordre et les jeunes. Ces derniers ont alors tiré à l'aide de mortiers de feu d'artifices et de fusées en direction des gardes mobiles qui n'ont pas répliqué. Un second affrontement a suivi peu avant 21 heures. Les forces de l'ordre ont alors chargé la queue de la manifestation, entraînant la réplique de nombreux manifestants par des jets de projectiles, de chaises et de peinture. Les gardes mobiles ont par la suite chargé à plusieurs reprises, faisant également usage de gaz lacrymogènes et procédant à diverses interpellations.

A la suite de ces incidents, Dominique Voynet a dénoncé mardi l’attitude des forces de l’ordre. Selon elle, les policiers "ne se sont pas contentés de séparer les manifestants" mais ont "plaqué violemment un bon nombre d'entre eux contre les murs" et "les ont frappés à coup de matraque" et "arrosés de gaz lacrymogène, devant des habitants de la ville totalement stupéfaits et effarés". Reconnaissant "que certains manifestants étaient venus avec l'envie d'en découdre" mais "qu'ils étaient une toute petite minorité", la maire de Montreuil a estimé "que c'est le métier des policiers de séparer la grande masse des manifestants pacifiques et de faire en sorte de cantonner les personnes qui pourraient être tentées d'en faire plus. Il se trouve que ça na pas été le cas". Dénonçant "une démonstration de force inutile", Dominique Voynet a demandé mardi l'ouverture d'une enquête.

La préfecture, de son côté, s'est refusée à tout commentaire "dans un souci d'apaisement", rappelant que l'inspection générale des services (IGS, police des polices) était chargée d'une enquête sur la blessure de Joachim Gatti.