Affaire Troadec : que sait-on du couple mis en examen ?

  • A
  • A
Affaire Troadec : que sait-on du couple mis en examen ?
La recherche des corps de la famille Troadec se concentre sur ce manoir de Pont-de-Buis, dans le Finistère. @ AFP
Partagez sur :

Hubert Caouissin et Lydie Troadec vivaient reclus dans une ferme isolée de Pont-de-Buis, dans le Finistère. Aucun de leurs voisins ne les a jamais croisés.

32 hectares de terre et de bois. Depuis lundi et les aveux d'Hubert Caouissin, qui a confessé avoir tué les quatre membres de la famille Troadec, les enquêteurs se concentrent sur une ferme cachée dans un vallon à Pont-de-Buis, dans le Finistère. La demeure, sécurisée par une vingtaine de CRS, appartient au suspect et à sa compagne, Lydie Troadec, soeur du père de famille assassiné. D'après les témoignages des riverains, le couple y vivait reclus, avec son fils âgé de huit ans. 

Des gens "bizarres". "On savait qu'ils étaient là quand il y avait de la fumée dans la cheminée", a raconté à Ouest-France Ronan, leur plus proche voisin, qui ne les a jamais croisés. À quelques centaines de mètres de là, aucun habitant n'a jamais entendu parler de Lydie Troadec, dont le nom est pourtant inscrit sur la boîte aux lettres. Le maire de la localité, Roger Mellouët, assure "ne pas les connaître". "Ils ont acheté la ferme il y a deux ans. Ils ne participaient à rien. Ils n'étaient pas du tout intégrés", ajoute-t-il, précisant que le couple n'était pas inscrit sur les listes électorales. Des factures de cantine prouvent que leur fils a été scolarisé à Pont-de-Buis l'année dernière. Il ne l'était plus cette année. 

Ils ne participaient à rien. Ils n'étaient pas du tout intégrés.

Hubert Caouissin, 46 ans, possédait également une maison à Plouguerneau, dans le nord-Finistère, mais s'y rendait de plus en plus rarement.Les habitants de cette commune se souviennent de gens "bizarres", rapporte, LCI, qui évoque un jardin en friche et de nombreux animaux. "Il y a eu des poules, des canards et des chiens, il paraît même qu'ils rentraient dans la maison". Mais tel n'a pas toujours été le cas. "Il était plutôt gentil au début. Elle aussi, quand elle est arrivée. Et puis, elle a eu des soucis, il paraît", ont témoigné des voisins auprès du Parisien.

Un "gros burn-out". Ces "soucis", c'est d'abord la maladie de Lydie, découverte peu après la naissance de l'enfant du couple. "Elle a eu un cancer du sein très avancé. Elle a subi plusieurs opérations et a failli y passer deux fois", a raconté la mère d'Hubert Caouissin au Parisien. Il y a trois ans, le meurtrier présumé a, lui, été victime d'un "gros burn-out", selon la même source, qui l'a longuement éloigné de son emploi à l'arsenal de Brest, comme technicien chez DCNS. Le suspect venait tout récemment de reprendre le travail en mi-temps thérapeutique. Sa compagne, secrétaire médicale de profession, était en invalidité. 

Depuis une dizaine d'années, le couple entretenait également des relations "très tendues" avec la famille Troadec. D'après le procureur de Nantes, Hubert Caouissin était "persuadé" que son beau-frère avait récupéré des pièces d'or lors d'un héritage. Cette conviction entretenait une "profonde rancoeur" chez le meurtrier présumé, dont l'attitude révèle une certaine paranoïa. Le 16 février, c'est ainsi équipé d'un stéthoscope qu'il s'est présenté au domicile des Troadec, espérant les "espionner" à travers la fenêtre ou la porte.

Pas de casier judiciaire. Le principal suspect, qui n'a pas de casier judiciaire, assure ensuite être entré dans leur maison pour "récupérer une clé". Surpris par les parents Troadec, il leur aurait retiré un pied de biche des mains, avant de l'utiliser pour tuer les quatre membres de la famille. Sa compagne l'aurait ensuite aidé à nettoyer ses traces et à démembrer les corps, dont une partie aurait été brûlée, et l'autre enterrée. Tous deux ont été mis en examen et écroués, lundi soir.

Des "expertises psychologiques et psychiatriques" doivent désormais être menées pour "apporter dans le dossier des informations sur la personne de Monsieur Caouissin", selon le procureur de Nantes.