Affaire Troadec : "Nous continuons à fouiller la maison d'Orvault"

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Affaire Troadec : "Nous continuons à fouiller la maison d'Orvault"
L'affaire Troadec a commencé à Orvault, près de Nantes (photo d'archives). @ JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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Cinq mois après le meurtre des quatre membres de la famille Troadec par Hubert Caouissin, le procureur de Nantes fait le point sur les dernières avancées du dossier dans Ouest-France. 

"J'ai eu, dans ma carrière, quelques affaires où j'étais sous pression, mais avec celle-là, on a battu tous les records." Cinq mois après le meurtre des quatre membres de la famille Troadec, Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes, livre son récit de l'incroyable fait divers et ses dernières avancées dans Ouest-France, jeudi. 

"Un contexte familial tendu". Avant de devenir "l'affaire Troadec", le dossier était d'abord celui des disparus d'Orvault. "Au départ, on n'a pas grand chose", rappelle le procureur. "Une famille disparue, une maison vide, avec des effets personnels qui pourraient laisser penser qu'elle est partie en voyage." Mais très vite, des traces de sang sont découvertes et les enquêteurs comprennent qu'ils sont face à un crime. Rapidement, ils sentent aussi "un contexte familial tendu". "Mais c'était une piste parmi d'autres, exploitée, mais pas privilégiée." 

"Les enseignements de l'affaire De Ligonnès". Les deux semaines suivantes sont une "course contre la montre" pour le procureur. "On n'a pas de corps ni d'arme du crime. On fouille le jardin pour s'assurer qu'il n'y a pas de terre meuble - ce sont les enseignements de l'affaire De Ligonnès." Dans un délai "très court", des "dizaines et des dizaines de personnes" sont entendues. "Le pire des scénarios aurait été que l'on soit aujourd'hui encore sans suspect", souffle le magistrat. 

Il n'y a pas de raison de mettre en doute la parole du suspect

L'arme du crime toujours manquante. La piste familiale est finalement la bonne : Hubert Caouissin, beau-frère du père de la famille Troadec, est arrêté et avoue les crimes, le transport et la destruction des corps. "Il n'y a pas de raison de mettre en doute la parole du suspect, qui nous dit en détail ce qu'il s'est passé", affirme aujourd'hui le procureur. Pourquoi, alors, le sang de Charlotte Troadec n'a-t-il pas été retrouvé dans la maison, comme ceux de ses parents et de son frère ? "Charlotte a été tuée, on a retrouvé son corps", répond Pierre Sennès. "Nous continuons à fouiller la maison d'Orvault. Et à chercher le pied de biche que le suspect affirme avoir jeté sous le pont de l'Iroise."

"Aller le plus vite possible". Quant aux lingots d'or convoités par Hubert Caouissin, présentés comme le mobile du crime, "tout le monde en parle mais personne ne l'a vu", affirme le procureur. Des pistes lancées à Andorre et Monaco pour retrouver le trésor "n'ont rien donné". Des reconstitutions, en présence du meurtrier présumé, doivent désormais avoir lieu. "Aucun calendrier n'est arrêté", explique le magistrat. "Mais les juges ont la volonté d'aller le plus vite possible. Ce dossier ne connaîtra aucun temps mort."