Affaire Kabou : le procès de la mère de la fillette noyée à Berck s'ouvre lundi

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En 2013, Fabienne Kabou avait abandonné sa fille, Adélaïde, 15 mois, sur une plage de Berck dans le Pas-de-Calais avant que la marée ne monte. 

Les grands titres de la presse sont encore dans les mémoires : le 20 novembre 2013, la petite Adélaïde, 15 mois, était retrouvée morte sur une plage de Berck-sur-Mer. Sa mère, Fabienne Kabou, est jugée pour assassinat à partir de lundi devant la cour d'assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer.

Abandonnée sur une plage. La veille, Fabienne Kabou, 36 ans à l'époque, prend le train à Paris pour Berck. Après s'être renseignée sur le coefficient des marées, elle dépose Adélaïde, assoupie, sur le sable, alors que la marée monte. Elle lui demande pardon, puis s'en va. Le lendemain matin, un pêcheur de crevettes retrouve sur la plage le corps sans vie de la fillette. Fabienne Kabou quant à elle, identifiée grâce à des vidéos de surveillance et des témoins, est retrouvée dix jours après.

"C'est plus simple comme ça". Elle commencera par nier puis, rapidement, passera aux aveux : "j'ai mis fin à ses jours, parce que c'était plus simple comme ça", dira-t-elle. Le jour du crime, elle était partie le matin même de l'atelier où elle vivait avec son compagnon et père de la fillette, à Saint-Mandé, avec l'idée de mettre fin aux jours de sa fille. "Tout s'est enchaîné parfaitement, tout était huilé, on aurait dit que j'avais le vent dans le dos. C'était comme si je me sentais portée, je n'arrivais pas à dire stop", a-t-elle raconté aux enquêteurs.

"Une petite fille merveilleuse". D'origine sénégalaise, Fabienne Kabou, "une femme intelligente" selon les experts, est élevée par sa mère dans un milieu "aisé" et "affectueux". Après avoir passé son bac au Sénégal, elle arrive à Paris où elle suit des études. Pour expliquer son crime, elle a d'abord déclaré que la prise en charge de la fillette était peu compatible avec sa vie de couple. Une version contredite par la père d'Adélaïde : "c'était une petite fille merveilleuse, on l'adorait. Je me souviens même d'un soir, alors qu'on était tous les trois, avoir dit à Fabienne : 'si ça, c'est pas ça le paradis, je sais pas ce que c'est'. Adélaïde est toujours là, j'y pense tous les jours, tout le temps."

Altération des facultés mentales ? Puis, elle évoque des raisons mystiques. Pendant l'un de ses interrogatoires, elle affirme ainsi aux enquêteurs que "la mort de (sa) fille" ne peut "pas être dissociée" d'une sorte de "traque". Elle se dit perturbée par des hallucinations sonores ou visuelles, se représente des défunts de sa famille qui contrarient son existence. Toutefois, aucun des experts psychiatres ne conclut à l'irresponsabilité de Fabienne Kabou, certains évoquant cependant l'hypothèse d'une forte altération de ses facultés mentales lors du passage à l'acte. "Je ne peux toujours pas concevoir qu'elle ait pu faire ça. Je ne peux pas lui pardonner", explique son ancien compagnon. "Mais je pense que dans un certain sens, elle n'est pas responsable", conclut-il.