Affaire Halimi : la défense ulcérée par l’émission "Mots croisés"

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Affaire Halimi : la défense ulcérée par l’émission "Mots croisés"
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Dans une lettre commune, les avocats des accusés au procès de l’assassinat d’Ilan Halimi ont estimé mercredi que l’émission "Mots croisés" sur France 2, consacrée lundi au "gang des barbares", a porté gravement atteinte à la présomption d’innocence de leurs clients.

C’est un fait rare dans les annales judiciaires. 19 avocats de la défense au procès de l’enlèvement et de l’assassinat du jeune Ilan Halimi en 2006 ont signé un texte commun mercredi pour dénoncer la diffusion de l’émission"Mots croisés" lundi sur France 2. Selon eux, elle comportait des atteintes "graves" à la présomption d'innocence et à l’indépendance de la justice. Mardi, dès le lendemain de sa diffusion, ils avaient provoqué une suspension d’audience pour se concerter.

Le procès, dit du "gang des barbares", se tient à huis-clos devant la Cour d’assises des mineurs de Paris puisque deux des 27 accusés n'avaient pas 18 ans au moment des faits. Ce qui "interdit tout compte-rendu", selon les avocats qui signent le communiqué. "La justice n'est pas un spectacle", martèlent-ils dans leur déclaration commune.

Au-delà de l’émission "Mots croisés" à laquelle participaient notamment Me Francis Szpiner, l’avocat de la famille Halimi mais aussi Me Emmanuel Ludot, qui défend Youssouf Fofana, l'assassin présumé du jeune juif, ces avocats s’en prennent dans leur communiqué à "toutes les émissions et publications qui font état des faits et personnes concernées par l'affaire dont est saisie la Cour d'assises des mineurs de Paris depuis le 29 avril".

Les 19 avocats préviennent au passage qu'ils se refuseront désormais "à toute forme de communication sous réserve de l'exercice des droits de la défense jusqu'à la clôture des débats". Le procès doit durer encore deux mois.