Affaire Grégory : "on a toujours plus de questions que de réponses dans cette affaire"

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Les enquêteurs, bien que très prudents, auraient imaginé un scénario selon lequel un ravisseur aurait remis l'enfant à quelqu'un d'autre qui l'aurait ensuite tué accidentellement, ou non. 

INTERVIEW

L'affaire Grégory, plus qu'un simple fait divers, une énigme qui déchaîne les passions depuis plus de trente ans. Deux membres de la famille de l'enfant, la grande-tante et le grand-oncle, ont passé leur première nuit en prison, un scandale pour leurs avocats. Nouvelle dérive ou mystère bientôt résolu ? Le spécialiste du dossier, Florent Chevolleau, qui a réalisé un Faites entrer l'accusé sur l'affaire, vient apporter son éclairage au micro d'Europe 1 samedi.

Est-ce une avancée significative dans l'enquête ? Les deux accusés, les époux Jacob, sont mis en examen pour des faits de "séquestration suivie de mort". "Mais c'est vrai que dans cette affaire, on a l'impression d'être revenu au début", explique le spécialiste. "Car dans les jours qui suivent la mort du petit Grégory, on va chercher le corbeau. Parce que ce qui est exceptionnel dans cette affaire, c'est que le crime est signé." Dans la demi-heure qui suit l'enlèvement de l'enfant, une lettre est postée. Les enquêteurs vont alors chercher ce corbeau, d'abord au sein de la famille Villemin.

Une analyse graphologique à prendre avec distance. "On a toujours plus de questions que de réponses dans cette affaire", constate Florent Chevolleau. Car l'expertise en écriture qui a désigné Bernard Laroche, cousin germain du père de Grégory dès les débuts de l'enquête, "n'est pas une preuve scientifique. C'est un avis donné par une experte." Un avis qui peut effectivement différer puisqu'un autre expert a désigné par la suite Christine Villemin, la propre mère du petit garçon. Bernard Laroche et la mère de la victime seront finalement innocentés. Il faut donc prendre ces nouveaux éléments avec distance.

Un nouveau couple dans le viseur. Désormais, les soupçons se portent donc sur la grande-tante de Grégory, Jacqueline Jacob, restée mutique pendant sa garde à vue. "Ce qui est nouveau, c'est que ce couple était passé entre les mailles du filet jusque-là", rappelle le journaliste. "Comme ce sont des très proches, on leur a fait passer une dictée. L'experte en écriture ne les avait pas désignés à ce moment-là." Ce qui explique qu'ils aient été entendus très tard par les enquêteurs. 

Des accusations floues contre les Jacob. Le mot d'ordre est alors le silence pendant toute la suite de l'instruction. "La grand-mère du petit Grégory a même juré sur la tombe de son petit-fils qu'elle ne savait rien." "Depuis le départ, on sait que cet enfant a été tué pour une histoire de vengeance familiale. On sait que le ou les meurtriers sont dans l'entourage proche de Jean-Marie Villemin", explique Florent Chevolleau. À l'époque, rien d'étrange n'était apparu dans l'emploi du temps des époux Jacob. Il y aurait alors un élément qui aurait fait basculer l'affaire aujourd'hui. 

Les enquêteurs, bien que très prudents, auraient imaginé un scénario selon lequel un ravisseur aurait remis l'enfant à quelqu'un d'autre qui l'aurait ensuite tué accidentellement, ou non. "Mais cela reste des hypothèses", tempère le spécialiste. "Il n'y a aucun fait." L'accusation se tourne désormais vers la branche Laroche de la famille.