Affaire Grégory : les mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob annulées

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Selon le procureur général Jean-Jacques Bosc, cette annulation, qui survient près d'un an après les trois mises en examen, porte sur "des points de procédure". 

Les mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob pour le rapt mortel du petit Grégory il y a 33 ans, ont été annulées par la chambre de l'instruction de Dijon, a-t-on appris mercredi auprès de leurs avocats. Le procureur général a précisé que ces annulations portaient "sur des points de procédure et non pas sur des éléments touchant au fond du dossier". 

"Une très belle victoire" pour les avocats de Murielle Bolle. Les contrôles judiciaires qui pesaient sur les trois mis en examen ont été simultanément levés par les magistrats. "C'est une très belle victoire pour nous : Murielle Bolle est innocente. Sa mise en examen tombe, son contrôle judiciaire également. Murielle Bolle est libre et innocente", s'est félicité l'un de ses conseils, Me Christophe Ballorin, ajoutant que "c'est également le cas pour les époux Jacob".

"Avec une autre composition (de la chambre de l'instruction, ndlr), la décision a été toute autre", a ajouté l'avocat, en rappelant que la chambre de l'instruction de Dijon est présidée depuis fin 2017 par Dominique Brault, l'ancienne présidente Claire Barbier se consacrant désormais exclusivement à l'instruction de l'affaire. 

"Aujourd'hui Jacqueline Jacob et Marcel Jacob ne sont plus mis en examen, ne sont pas témoins assistés, ils n'ont plus rien à faire dans ce dossier", a de son côté lancé Me Stéphane Giuranna, l'un des avocats du couple, lors d'une conférence presse à Nancy. 

Une décision de forme selon les conseils des parents. Mais selon le procureur général de Dijon, l'annulation porte uniquement "sur des points de procédure, et non pas sur des éléments touchant au fond du dossier". Cette annulation pourrait donc être temporaire, le parquet indiquant qu'il "avisera sur les éventuelles suites procédurales à donner à l'arrêt rendu ce jour". 

"Le bien-fondé de ces mises en examen n'a en rien été remis en cause par cet arrêt de la Cour d'appel de Dijon", abondent les avocats des époux Villemin, les parents de Grégory, dans un communiqué diffusé mercredi midi. "La Cour a considéré que la Présidente Madame Barbier, qui avait prononcé ces mises en examen, n'en avait pas le pouvoir juridique, et que c'est à la chambre de l'instruction collégialement d'en décider", précisent-ils. 

Les conseils "sollicitent en conséquence que la chambre de l'instruction convoque à nouveau Murielle Bolle et les époux Jacob pour leur notifier à nouveau leur mise en examen, en bonne et due forme".

Soupçonnés d'être impliqués dans l'événement. À l'automne 1984, Murielle Bolle, alors âgée de 15 ans, accuse son beau-frère Bernard Laroche, lors d'une garde à vue devant les gendarmes, d'avoir enlevé Grégory, avant de se rétracter. Ce dernier est incarcéré puis relâché avant d'être tué d'un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant, en 1985. Trois décennies plus tard, l'accusation soupçonnait cette femme aujourd'hui âgée de 48 ans d'avoir participé à l'enlèvement  et soutient que sa rétractation s'explique par des violences familiales subies à l'époque - ce qu'elle conteste. 

Les deux septuagénaires Jacqueline et Marcel Jacob étaient quant à eux soupçonnés d'avoir été les "corbeaux" de l'affaire, à l'origine de plusieurs lettres anonymes bien renseignées et d'être aussi impliqués dans l'enlèvement et la mort du garçonnet dans le cadre d'un "acte collectif".