Affaire Grégory : l'avocat de Marcel Jacob "très inquiet" pour son client

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Me Stéphane Giuranna, avocat du septuagénaire mis en examen depuis le mois de juin, a annoncé avoir demandé une modification du contrôle judiciaire de son client afin qu'il puisse "rentrer chez lui". 

Trois mois après son interpellation dans l'affaire Grégory, Marcel Jacob, 72 ans, "va mal". C'est ce qu'a affirmé devant les médias son avocat, Me Stéphane Giuranna, mercredi. Mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivie de mort" tout comme son épouse Jacqueline, le grand-oncle de Grégory Villemin, assassiné en 1984, fait l'objet d'un contrôle judiciaire strict l'obligeant à vivre en Haute-Marne, loin de son domicile d'Aumontzey, dans les Vosges, et sans aucun contact avec sa femme. "Or, à cet âge là, les mois comptent double, ils comptent triple, ils comptent quadruple", a martelé l'avocat. 

"Cette affaire finira par un non-lieu". "Nous n'avons pas avancé d'un millimètre" dans cette enquête, a estimé Me Giuranna. "La présidente de la chambre d'instruction, en trois mois, n'a pas entendu Marcel Jacob, ne l'a confronté avec personne. (...) En 33 ans d'enquête, on n'a jamais trouvé la moindre charge contre Marcel Jacob." Et d'avancer : "Cette affaire finira par un non-lieu. Il ne se passera rien. Mais maintenant qu'on a rouvert la boîte de Pandore, on ne peut pas la refermer, sinon on se demandera 'tout ça pour ça ?'"

"Je suis très inquiet". "Un contrôle judiciaire, pour quelqu'un de modeste, c'est coûteux, ça l'arrache à sa vie", a ajouté le conseil. "Je suis très inquiet concernant l'état mental de mon client (...) On l'empêche de parler à son épouse, de voir son épouse, d'aimer son épouse." Dans une lettre adressée à la juge en charge de l'enquête, Me Giruanna lui a donc expliqué craindre "le pire", demandant à ce que "le contrôle judiciaire de Marcel Jacob soit modifié afin de lui permettre de rentrer chez lui".

Maintenant qu'on a rouvert la boîte de Pandore, on ne peut pas la refermer, sinon on se demandera 'tout ça pour ça ?'"

Si cette demande devait être refusée, le mis en examen regagnerait son domicile en dépit de la décision de la justice, violant ainsi son contrôle judiciaire, a affirmé son avocat : "Il convient que la procédure s'accélère. On ne va pas attendre des mois ou des années parce qu'il sera trop tard." 

Soupçonnés d'être les "corbeaux". L'affaire Grégory a été relancée de manière spectaculaire à la mi-juin avec l'arrestation de Marcel et Jacqueline Jacob soupçonnés d'avoir joué les "corbeaux" de l'affaire, en envoyant une série de lettres anonymes très bien renseignées. Les deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu'alors, avaient été remis en liberté quelques jours après leur mise en examen, sous contrôle judiciaire strict.

Une troisième personne a depuis été mise en examen dans ce dossier. Il s'agit de Murielle Bolle, 48 ans, adolescente à l'époque des faits et qui avait accusé son beau-frère Bernard Laroche du rapt de Grégory avant de se rétracter. Dans un rapport rendu public par le JDD, dimanche, les gendarmes se disent désormais en capacité "d'affirmer" que Bernard Laroche a bien enlevé l'enfant, mais estiment qu'une ou plusieurs autres personnes l'ont tué.