Affaire Ferrand : Bayrou cite le code pénal et se refuse à tout commentaire

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Affaire Ferrand : Bayrou cite le code pénal et se refuse à tout commentaire
François Bayrou s'est saisi d'un code pénal pour justifier son refus de commenter l'affaire Ferrand, jeudi. @ AFP
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Interrogé sur le cas du ministre de la Cohésion des territoires, jeudi, lors de la présentation du projet de loi sur la moralisation de la vie politique, le ministre de la Justice a refusé de s'exprimer. 

Le timing rendait la question inévitable : quelques heures après l'annonce de la décision du parquet de Brest d'ouvrir une enquête préliminaire sur les soupçons pesant sur Richard Ferrand, le garde des Sceaux François Bayrou a été amené à s'exprimer sur la situation du ministre de la Cohésion des territoires lors de sa présentation de la loi de moralisation de la vie publique, jeudi après-midi. Selon le Canard enchaîné, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était alors directeur général, avaient souhaité en 2011 louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins. L'entreprise avait choisi, entre trois propositions, celle d'une société immobilière appartenant à la compagne du ministre. 

"Aucune instruction". "Il se trouve que j'avais l’intuition que cette question se trouverait posée", a ironisé François Bayrou, s'emparant d'un code de procédure pénale posé à ses pieds, avant de lire le passage consacré au rôle du ministre de la Justice, qui "ne peut adresser aucune instruction" au parquet. "La loi interdit que je puisse faire quelque commentaire que ce soit dans des affaires individuelles", a ensuite déduit le garde des Sceaux. "Je n'ai pas eu le procureur de Brest", a-t-il ajouté. "D'aucune manière il n'y a transmission d'informations venant des parquets généraux. J'ai été informé comme vous."

Critiqué pour un retweet. Mardi soir, le ministre de la Justice avait retweeté le communiqué de la vice-présidente du MoDem et ministre chargée des Affaires européennes, Marielle de Sarnez, au sujet de l'enquête préliminaire pour des emplois fictifs présumés de collaborateurs au Parlement européen visant plusieurs députés européens, dont elle. Cette initiative avait suscité des critiques de la part d'opposants politiques et de magistrats.