Affaire Clearstream: Lahoud enfonce Villepin

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Affaire Clearstream: Lahoud enfonce Villepin
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L'informaticien mis en cause dans l'affaire Clearstream reconnaît une "cabale contre Nicolas Sarkozy".

Dans un procès-verbal jusque-là secret et révélé par le Journal du Dimanche dans son édition de samedi, Imad Lahoud reconnaît avoir rajouté le nom de Nicolas Sarkozy, sous les noms de Nagy et Bocsa, "à la demande de Jean-Louis Gergorin". "La cabale contre Nicolas Sarkozy était montée sous la connaissance de Dominique de Villepin", ajoute-t-il.

Ces aveux, l'informaticien les a formulés devant le juge d'Huy, chargé du dossier, le 9 décembre 2008. "J'ai recopié sur une feuille Excel deux noms avec des comptes bancaires attachés qui se sont retrouvés dans les faux listings Clearstream. Je reconnais devant vous aujourd'hui l'avoir fait", raconte-t-il. "En faisant cela, je contribuais à écarter Nicolas Sarkozy" indique-t-il.

Imad Lahoud raconte : "Gergorin m'a demandé de rajouter les noms de Nagy et Bocsa. Il m'a dit que cette personne était dangereuse pour la France et qu'il fallait à tout prix l'écarter." L'avocat de Dominique de Villepin, Me Olivier Metzner, répond dans un entretien à paraître dimanche toujours dans le JDD qu'il comptait "tirer toutes les conséquences de cette poursuite occulte de l'instruction, soit en procédure, soit sur le fond". En effet, cette audition de Lahoud, datée du 9 décembre, aurait été réalisée après le renvoi de l'affaire en correctionnelle. "Il est évident que l'on veut biaiser les débats qui vont s'ouvrir", indique Me Metzner, "on accuse M. de Villepin de manipulation, mais je me demande aujourd'hui qui manipule qui, dans la mesure où l'on cache des éléments à la défense avant l'ouverture du procès".

Le procès de l'affaire Clearstream s'ouvre le 21 septembre à Paris. Imad Lahoud est poursuivi pour "dénonciation calomnieuse" et "faux et usage de faux".Dominique de Villepin a toujours nié les faits. Il a réaffirmé à L'Express, que l'affaire Clearstream a été "instrumentalisée", soulignant -sans citer son nom- que Nicolas Sarkozy, partie civile, "pèse sur le dossier de tout son poids institutionnel".