Affaire Barbarin : une association envisage de se porter partie civile

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L'enquête pour "non-dénonciation" visant le cardinal Barbarin dans une affaire de pédophilie a été classée sans suite, au grand dam d'une association de victimes.

L’enquête pour "non-dénonciation d’agression sexuelle sur mineurs" et "non-assistance à personne en danger" visant le cardinal Philippe Barbarin a été classée sans suite lundi. Certains faits de "non-dénonciation" sont prescrits, pour les autres, le procureur de Lyon a estimé que le délit n'était pas caractérisé. Pourtant, une association de victimes, "La Parole libérée", compte relancer la machine judiciaire.

"Le fruit d'un très long travail de la police". Le cardinal Barbarin, sous le feu de virulentes critiques depuis plusieurs mois, a confié lundi son soulagement à la radio catholique RCF : "C'est le fruit d'un très long travail de la police, qui a interrogé des quantités de gens, de manière très précise. Moi-même, dans ma dernière audition, je suis resté plus de dix heures à la police. Ils ont vraiment tenu à vérifier chacune des choses qui avaient été dites, écrites ou entendues. Je suis sûr que c'est le fruit d'un travail sérieux."

"En six mois, j'ai appris plus qu'en 18 ans d'épiscopat", a encore déclaré le responsable religieux, estimant qu’un important travail restait à accomplir "à l'intérieur de notre diocèse et dans l'ensemble de l'Église de France, oserais-je dire aussi dans l'ensemble de la société française. Parce que, comme vous le savez, ce fléau ne touche pas seulement l'Église."                    

L'Église reste prudente. "Pas de triomphalisme" a indiqué de son côté l’avocat de Monseigneur Barbarin. Une ligne de conduite reprise par Yves Baumgarten, vicaire du diocèse de Lyon : "Il n’y a pas de victoire, nous menons le combat contre la pédophilie, et nous recevons cette décision comme un moment d’apaisement, un apaisement que nous souhaitons pour nous-mêmes, pour notre diocèse mais aussi pour les victimes."

Il reste quand même beaucoup d’interrogations et d’incohérences

Colère des soutiens aux victimes. Un simple "moment d’apaisement", en effet, puisque l'enquête classée lundi n'était que préliminaire. La procédure judiciaire pourrait donc se poursuivre. Une association de victimes, qui reprochait au prélat de ne pas avoir dénoncé les abus sexuels commis sur des scouts par le Père Preynat il y a plus de 25 ans, et de l'avoir laissé en poste, ont fait savoir son mécontentement. Elle envisage désormais de se constituer partie civile et de déposer plainte. Elle pourrait alors saisir directement un juge d'instruction.

"La justice française est faite pour qu’il y ait des recours, on va les utiliser. On va se diriger vers un dépôt de plainte avec constitution en partie civile, pour obliger le parquet à instruire le dossier, ce qui n’est pas le cas dans un dépôt de plainte simple", explique à Europe 1 François Devaux, fondateur de l’association d’aide aux victimes "La Parole libérée". "On a beaucoup de matière pour le faire, et il reste quand même beaucoup d’interrogations et d’incohérences." Le cardinal Barbarin pourrait donc encore avoir à s’expliquer.