08/03/2018 - 20h35

Accès à la nationalité française à Mayotte : Philippe "met sur la table" le statut de la maternité

© Eric FEFERBERG / AFP

Trois semaines après le début de la mobilisation contre l'insécurité à Mayotte, le Premier ministre Édouard Philippe veut "réfléchir" aux conditions d'accès à la nationalité française.

Edouard Philippe a "mis sur la table" jeudi devant les sénateurs la question du statut de la maternité de Mayotte, la plus grande de France en nombre de naissances, évoquant l'idée de transformations à apporter "en matière de droit et d'accès la nationalité à cet endroit".

Une explosion démographique qui n'a "aucun équivalent". Répondant à une question du sénateur LREM de Mayotte Thani Mohamed Soilihi sur la situation éruptive que connait l'île depuis plus de trois semaines, le Premier ministre a souligné, lors des questions au gouvernement que l'explosion démographique de l'île, "sous l'effet de l'augmentation du solde naturel et lié à l'immigration clandestine, est absolument considérable et n'a aucun équivalent".

La maternité compte "plus de 10.000 naissances par an, c'est deux fois plus que la plus grande maternité parisienne", a-t-il rappelé. "Est-ce qu'on s'autorise à travailler sur un nouveau statut de cette maternité ? Est-ce qu'on réfléchit aux transformations qu'il faudrait apporter en matière de droit et d'accès la nationalité à cet endroit ? je mets tous sur la table", a-t-il déclaré.

La maternité saturée. Mayotte est secouée depuis plus de deux semaines par un mouvement de contestation populaire, avec manifestations et barrages routiers, pour protester contre l'insécurité, et plus largement contre la forte immigration clandestine, provenant des Comores, à 70 km de ses côtes. 

La population mahoraise et les élus locaux dénoncent régulièrement la saturation de la maternité de Mayotte, où viennent accoucher de très nombreuses femmes comoriennes afin de permettre à leurs enfants de bénéficier par la suite de la nationalité française.

Les blocages continuent

Des barrages routiers ont de nouveau été érigés jeudi à Mayotte, au lendemain de la manifestation contre l'insécurité qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Mamoudzou et les manifestants prévoient de durcir leur mouvement lundi. La gendarmerie a dénombré, en milieu d'après-midi, neuf points de blocage. L'intersyndicale à l'origine du mouvement de contestation qui paralyse l'ile depuis plus de deux semaines a promis d'amplifier "la pression" et par conséquent "les barrages sur, au minimum, 4 sites".