Abdlekader Merah uniquement condamné pour association de malfaiteurs : "Ce n'est pas une victoire à la Pyrrhus"

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Après cinq semaines de procès, le frère de Mohamed Merah à été condamné à vingt ans de réclusion criminelle, mais uniquement au motif d'association de malfaiteurs terroriste. Les juges n'ont pas retenu la complicité d’assassinat.

INTERVIEW

La cour d'assises spéciale de Paris a condamné jeudi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle Abdelkader Merah, le frère de Mohamed Merah, à vingt ans de réclusion mais l'a acquitté de la complicité d'assassinat. Les juges ont considéré que si Abdelkader Merah partageait les motivations des djihadistes, il ne connaissait pas les visées criminelles de son frère. "Ce n'est pas une victoire à la Pyrrhus", tient à souligner vendredi maître Laurence Cechman, l’une des avocates des parties civile au micro d'Europe 1 Bonjour. "Il y a une décision qui a été très fermement rendu hier, puisqu'Abdelkader Merah a été condamné pour des faits d'association de malfaiteurs à but terroriste, et il a été condamné à la peine maximale : vingt ans".

Un tueur qui a agit seul. Néanmoins, cette avocate déplore que les magistrats n'aient pas voulu aller plus loin, estimant qu'ils avaient la possibilité d'établir une complicité logique entre l'accusé et le "tueur au scooter". "Les juges n'ont pas tirés les constatations de leur propre constat : dans le cadre de l'association de malfaiteur, il était possible de tirer des arguments pour obtenir, éventuellement, cette complicité, et de retenir la culpabilité au nom de cette complicité. Mais la cour d'assise a estimé qu'il était utile de retenir et de relever que Mohamed Merah était systématiquement seul dans ses actes préparatoires en vue de commettre ces assassinats épouvantables", explique-t-elle.

Vers un procès en appel ? "Les magistrats avaient une possibilité dans l'arsenal judiciaire de recueillir des éléments de preuves", insiste encore Laurence Cechman. "Les juges ont résisté à la pression de l'opinion public", s'est de son côté félicité Éric Dupond-Moretti, avocat du condamné, à la sortie du procès. Mais Laurence Cechman tient cependant à préciser que cette décision "n'est pas une résistance à l'opinion public : les juges ont fait du droit pur, dans la rigueur de la loi pénale". Surtout, l'avocate considère que les victimes seraient légitimes à faire appel du verdict prononcé par la cour d'assises. "Il y a matière à exploitation sur cette décision qui a été rendue", conclut-elle.