A Saint-Martin, la longue attente pour quitter l'île : "Il n'y a pas de vol commercial"

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Chaque jour depuis plus de dix jours, des habitants de Saint-Martin se pressent à l'aéroport pour tenter de fuir l'île ravagée par l'ouragan Irma.

REPORTAGE

Le traumatisme reste profond dix jours après le passage de l’ouragan Irma à Saint-Martin, même si la préfecture a indiqué qu'aucun cas d'épidémie n'avait été détecté. Beaucoup d'habitants cherchent néanmoins toujours à partir. Plusieurs centaines ont déjà rejoint la Guadeloupe, la Martinique ou la métropole. Nombreux sont ceux qui attendent encore à l'aéroport quadrillé par l'armée.

"Prioriser" les rapatriés. Depuis cet aéroport baptisé l'Espérance, le même rituel a lieu depuis des jours. Une longue file de passagers se forme. Un check-point a été improvisé au milieu des poubelles et des chiens errants. Le lieutenant Julien trie les passagers. L'armée, dit-il, doit "prioriser" les rapatriés : "Les familles avec enfants de moins de 10 ans, les personnes âgées de plus de 70 et les personnes que les médecins considèrent comme prioritaires" sont les premiers à passer.

Face à lui, une femme aimerait rejoindre sa famille à Marseille : "On voulait partir le plus tôt possible mais le problème, c'est qu'il y avait des prioritaires. C'est normal, maintenant, je pense qu'il est temps de partir. Je pense qu'on va faire en sorte de partir au plus tôt".

"On est sur des listes". De son côté, Églantine a pris les devants : elle est arrivée aux aurores, quatre heures avant l'ouverture du bureau. Pourtant, elle n'a encore aucune certitude de retrouver son fils envoyé en Guadeloupe il y a quelques jours. "On ne sait pas, on est sur des listes. On se motive, on se dit : 'Si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain, c'est sûr qu'on partira'. C'est très compliqué, il faut dire qu'il n'y a pas de vol commercial."

Réouverture des liaisons commerciales sous peu. Partout sous des tentes rouges, des familles avec enfants attendent des heures entières. La température atteint les 35 degrés Celsius. Le regard un peu perdu, ils n'espèrent tous qu'une chose : fuir au plus vite. Dans quelques jours, les liaisons commerciales reprendront vers la Guadeloupe.