A qui est la cathédrale russe de Nice?

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A qui est la cathédrale russe de Nice?
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Le plus grand édifice orthodoxe russe hors de Russie est l'objet d'une bataille judiciaire censée déterminer qui en est propriétaire.

A qui appartient la cathédrale russe de Nice? C'est ce que tente de trancher depuis lundi le tribunal de grande instance de Nice.Un litige oppose en effet la Fédération de Russie et une association cultuelle à ce sujet, l'une et l'autre revendiquant la propriété dela prestigieuse cathédrale Saint-Nicolas.L'histoire se répète puisque l'affaire avait déjà été entendue et tranchée par la justice... dans les années 20.

La cathédrale, construite au début du 20ème siècle et classée monument historique, ainsi que tout son patrimoine, a été financée en partie par le dernier tsar Nicolas II. L'association cultuelle, qui relève du Patriarcat de Constantinople depuis 1931, affirme que le tsar a acquis le terrain et fait construire l'édifice sur ses biens propres et que la Fédération de Russie, n'étant pas l'héritière des biens personnels du tsar, n'en est nullement propriétaire. "La Fédération de Russie prétend être l'héritière de Nicolas II en sa qualité d'empereur. Nous affirmons qu'il a donné l'argent à titre personnel", résume Jean Gueit, recteur de la cathédrale et président de l'association qui la gère.

A l'ambassade de Russie, on se refuse à commenter le dossier avant l'audience. Dans des déclarations au quotidien Nice-Matin publiées la semaine dernière, l'ambassadeur de Russie Alexandre Orlov soulignait simplement la volonté de la Fédération de "faire valoir ses droits". La Russie revendique la propriété de la minuscule enclave, proche du centre de Nice, en arguant de l'expiration d'un bail emphytéotique de 99 ans, concédé par Nicolas II en 1909, et arrivé à échéance en janvier 2009.

Des tentatives de médiation par des hommes politiques locaux - envisageant de reconnaître la propriété à l'Etat russe et la gestion de la cathédrale à l'association - n'ont pas abouti. Il faut dire qu'au-delà du conflit juridique, une sourde rivalité oppose le Patriarcat de Moscou et celui de Constantinople, dont les relations ont toujours été turbulentes.