A Perpignan, des tonnes de pêches déversées devant le Consulat d'Espagne

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A Perpignan, des tonnes de pêches déversées devant le Consulat d'Espagne
Photo d'illustration.@ RAYMOND ROIG / AFP
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Une cinquantaine d'agriculteurs ont déversé des pêches devant le Consulat d'Espagne pour dénoncer la concurrence avec les producteurs espagnols, qu'il juge déloyale.

Environ deux tonnes de pêches ont été déversées mardi à Perpignan devant le Consulat d'Espagne par des agriculteurs pour protester contre une concurrence jugée déloyale des producteurs espagnols. Les fruits ont été recouverts symboliquement d'un drapeau français.

Une "distorsion de prix avec l'Espagne". "On a décidé de faire une action sur Perpignan pour distorsion de prix avec l'Espagne", a indiqué Yves Aris, président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA), devant une cinquantaine d'agriculteurs présents et les médias. Le mouvement était impulsé par la FDSEA, le Centre départemental des Jeunes agriculteurs (CDJA) et le Syndicat des Vignerons des Pyrénées-Orientales, un département frontalier de l'Espagne.

"Une véritable mafia". "On fait aujourd'hui devant le Consulat d'Espagne une action symbolique. On aurait pu brûler le drapeau, créer un incident diplomatique. On ne l'a pas fait. (…) Le problème, c'est que les exploitations espagnoles, qui utilisent des Roumains, cassent le marché", a-t-il ajouté. "En Italie, c'est une véritable mafia qui fait travailler pour presque rien les migrants dans les exploitations. La pomme de terre du Portugal arrive à Saint-Charles (le marché international des fruits et légumes de Perpignan, ndlr) moins cher que le seul prix du conditionnement", a-t-il assuré. 

"L'objectif, c'est le prix". "Pour la pêche, le marché reste tendu. Le prix du kilo tourne autour de 1,50 euro conditionné. Il faudrait qu'on le vende à 1,70 euro pour être un peu à l'aise. Aujourd'hui, les exploitations sont fragiles, les trésoreries faibles. Il faut réexpliquer au consommateur que notre produit a un prix", a-t-il insisté. "Notre combat aujourd'hui, c'est la rémunération du travail par le prix. Il y a une réunion aujourd'hui (mardi) au ministère avec la filière fruit de la FNSEA. L'objectif, c'est le prix. On a entendu de belles choses, on attend des actes. Aujourd'hui, on est calme. On attend", a-t-il conclu.

Une production en baisse. Entre 1967 et 2015, la production de fruits a fortement baissé dans ce département, en raison essentiellement de la concurrence espagnole. La production d'abricots est passée de 67.000 à moins de 14.000 tonnes, celle de tomates de 37.000 à moins de 19.000 et la production de pommes s'est effondrée, passant de 16.400 à 2.610 tonnes. Seul le secteur des pêches, nectarines et brugnons résiste encore et a même légèrement augmenté (+5%), passant de 59.500 à plus de 62.000 tonnes, selon les chiffres du ministère de l'Agriculture. Bénéficiant d'une météo plus favorable, les fruits espagnols arrivent sur les marchés français et européens avant ceux des Pyrénées-Orientales et à des prix bien moins élevés.