A Bagneux, un souvenir douloureux

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A Bagneux, un souvenir douloureux
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Dans la cité où Ilan Halimi a été séquestré avant d’être assassiné, les habitants restent marqués, trois ans plus tard, par ce drame qui s’est produit à côté de chez eux.

Quartier de la Pierre-Plate, à Bagneux. C’est dans cette cité verdoyante d'environ 800 logements sociaux qu’Ilan Halimi a vécu ses 24 derniers jours. D’abord dans le huis clos d'un appartement puis dans une cave de la "barre Prokofiev".

Trois ans après le calvaire d'Ilan Halimi, et alors que s’ouvre mercredi le procès de ses tortionnaires, les habitants du quartier restent douloureusement marqués par un crime perpétré tout près d'eux.

"On ne peut pas croire que ça puisse arriver chez nous", se dit encore Jean-Max Calice, 36 ans, adjoint aux Sports et aux Travaux à la mairie, qui habite le quartier. "Et le plus dur, ajoute l'élu, c'est que les gens qui étaient là-dedans, c'étaient des enfants de Bagneux", même si parmi les 27 accusés, tous n’en sont pas originaires.

La rumeur qu’une partie du voisinage n’avait pu ignorer totalement qu’il se passait quelque chose s’est vite répandue. Aujourd’hui, le gardien de l’immeuble Prokofiev, qui faisait déjà l’objet d’une pétition contre lui avant l’enlèvement, est sur le banc des accusés.

Dans le quartier, "les gens ont fini par se sentir coupables alors qu'ils n'y étaient pour rien, se souvient Nicole Jibard, 64 ans. Certains ont perdu le sommeil et il avait fallu organiser des groupes de parole". La députée-maire PCF de Bagneux, Marie-Hélène Amiable, souligne que des familles installées dans des HLM l'ont sollicitée depuis l'affaire pour obtenir un logement ailleurs.

Pour de nombreux riverains en revanche, pas question de quitter ce quartier "agréable à vivre", "où l'on voit des gens de tous âges et de toutes cultures". Mais à la veille du procès, les médias ne sont pas forcément les bienvenus. Lundi, deux journalistes d'I Télé/Canal+ ont été pris à partie pendant qu'ils tournaient un reportage et se sont fait voler leur matériel.