82.000 condamnés attendent d'être incarcérés

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82.000 condamnés attendent d'être incarcérés
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Michèle Alliot-Marie veut mettre un terme aux peines de prison ferme en attente d'exécution en France.

Quelque 82.000 peines de prison ferme définitives sont en attente de mise à exécution en France, a déclaré lundi Michèle Alliot-Marie, qui entend mettre fin à cette situation.

La ministre de la Justice a précisé qu'elle allait rendre public le rapport confidentiel de son inspection générale qui contient ces chiffres. "Cette situation n'est pas acceptable", a-t-elle assuré lundi. "L'exécution des peines dans un délai raisonnable est l'une des conditions de la crédibilité et de l'efficacité de notre justice", a-t-elle ajouté devant les présidents des cours d'appel, les procureurs généraux, les directeurs d'administrations centrales, le président et le procureur général de la Cour de cassation.

Cette initiative intervient alors que la surpopulation carcérale frise un record, avec 63.189 détenus pour 51.000 places environ au 1er juillet. La ministre n'a pas dit explicitement aux magistrats qu'elle demanderait la mise à exécution totale des peines en instance, mais a annoncé qu'elle détaillerait dans une circulaire "les bonnes pratiques qui peuvent être mises en oeuvre sans délai".

L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a fait part de ses réserves sur cette option. "Soit on applique la loi, soit on ne l'applique pas. Les bonnes pratiques, ça ne peut pas exister", a dit Virginie Duval, secrétaire nationale du syndicat. Elle souligne que le problème de l'exécution des peines est lié à un engorgement des services spécialisés, qui seraient selon elle débordés par le nombre de dossiers.