15 millions de personnes touchées par la crise du logement, selon la Fondation Abbé Pierre

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15 millions de personnes touchées par la crise du logement, selon la Fondation Abbé Pierre
@ JACQUES DEMARTHON / AFP
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Selon un rapport publié jeudi, 2,9 millions de personnes ont un logement présentant des conditions de vie très difficiles. 

Plus de 15 millions de personnes touchées par la crise du logement : la Fondation Abbé Pierre dresse le tableau d'une France "malade du mal-logement". Elle appelle, dans son rapport annuel publié jeudi, à plus de "volontarisme politique". De nombreux indicateurs sont au rouge, indique ce bilan, issu de l'exploitation de la dernière édition de l'enquête nationale logement (Enl) 2013 de l'Insee.

Les SDF ? +50% en dix ans. Au total, 3,8 millions de personnes sont mal-logées et 12,1 millions de personnes "fragilisées", soit "15 millions de personnes touchées par la crise du logement", a souligné Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. Le nombre de sans-abri, lui, a bondi de 50% entre 2001 et 2012 : 141.500 personnes se retrouvent à la rue, à l'hôtel, sous un abri de fortune ou en centre d'hébergement.

Pas d'eau courante, ni de WC. En outre, près de 2,9 millions de personnes vivent dans des conditions très difficiles, dont 2,1 millions ne possèdent pas d'eau courante, de WC intérieurs, de douche, de moyen de chauffage ou de coin cuisine, ou vivent dans un immeuble à la façade très dégradée. Et 934.000 personnes vivent en "surpeuplement accentué", c'est-à-dire qu'il leur manque deux pièces par rapport à la norme de peuplement (+17% entre 2006 et 2013). Pour Christophe Robert, ce mal-logement s'aggrave et "touche avant tout les classes populaires". Et l'extrême pauvreté, qui avait diminué entre 1996 et 2002, est repartie à la hausse.

Des engagements "reniés" par les politiques. Côté politique, si la fondation se félicite de "certaines avancées" comme le chèque énergie qui doit remplacer en 2018 les tarifs sociaux de l'électricité et du gaz pour les ménages modestes, elle constate que des engagements "ont été tout simplement reniés". La garantie universelle des loyers, une des mesures phares de la loi Alur votée en 2014, a été par exemple abandonnée. Quant à l'objectif de construire 500.000 logements par an, dont 150.000 logements sociaux, ils "sont bien loin d'être atteints", souligne le rapport.