31/01/2018 - 07h36

Des chercheurs parviennent à faire parler une orque du Marineland d'Antibes

© VALERY HACHE / AFP

Pas banal d'entendre une orque lancer un "Hello" ou un "bye bye"... Des chercheurs ont réussi à faire répéter différents mots du lexique anglais à une orque du Marineland d'Antibes dans le sud de la France.

Des résultats au-delà des attentes. "Nous nous attendions à des imitations reconnaissables, à ce que Wikie copie la tonalité, la mélodie du son ou encore le rythme des syllabes. Mais nous ne nous attendions pas à une si bonne imitation", a expliqué Jose Abramson de l'Université Complutense de Madrid, coauteur d'une étude parue mercredi dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B.

Une capacité d'imitation très étendue. De précédents travaux avaient déjà démontré que les orques pouvaient imiter d'autres orques ou des dauphins. Et on savait également qu'ils utilisent des dialectes différents selon le groupe auquel ils appartiennent, signe d'un apprentissage différent.

"L'anatomie vocale des orques, et plus généralement celle de tous les cétacés, est totalement différente de celle des humains", rappelle le chercheur. Qu'ils puissent copier le vocabulaire humain, très différent de leur répertoire naturel, montre l'étendu de leur capacité d'imitation.

"La capacité d'apprendre socialement des autres". La femelle Wikie a maintenant plusieurs mots (plus ou moins bien prononcés) à son répertoire. Elle peut répété "hello", "bye bye", "one two three" ou encore "Amy", le nom d'une de ses soigneuses, une prouesse qui tend à démontrer que l'animal a "la capacité d'apprendre socialement des autres".

Ecoutez Wikie :

Or la capacité d'apprendre des autres forme la base des cultures humaines. Pour certains scientifiques, la culture, définie grossièrement comme une forme d'apprentissage social qui établit une distinction entre des groupes, n'existe que chez l'homme et c'est même ce qui le différencie de l'animal.

Des connaissances acquises et non transmises génétiquement. Mais pour Jose Abramson, cette expérience montre "qu'une grande partie de la capacité cognitive ou de l'intelligence [des orques] dépend de l'apprentissage social, des connaissances des autres membres de la famille", et non pas d'un acquis génétique. Le chercheur précise toutefois bien que la capacité de l'orque à imiter des mots ne signifie pas qu'elle comprend ce qu'elle dit, répéter n'est pas parler. Mais tout au long de l'expérience, la femelle s'est révélée "très motivée" et a progressé rapidement : la plupart des mots ont été bien copiés au bout de seulement 10 essais.