Une étude détaille "l'accouplement traumatique" chez un coléoptère

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Une étude détaille "l'accouplement traumatique" chez un coléoptère
Le pénis de certains coléoptères mâles est orné d'épines de plus en plus longues. @ AFP
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Les chercheurs évoquent notamment un "accouplement traumatique" chez le bruche de niebé, un insecte de la famille des coléoptères. 

Qui s'y frotte s'y pique ! Une étude publiée dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B mercredi parle d'une véritable "course aux armements" sexuelle au sein de certaines espèces animales comme le coléoptère, dont les mâles affichent un pénis bardé d'épines de plus en plus longues. 

Un pénis similaire à un fléau. Pour arriver à ces conclusions, Liam Dougherty, de l'université d'Australie-Occidentale, à Crawley, et son équipe ont étudié treize groupes de bruche du niebé, un insecte de la famille des coléoptères, élevés en laboratoire depuis plus de dix ans. Le mâle possède un pénis recouvert d'épines pointues. Son phallus ressemble étrangement à un fléau, une arme avec une boule en acier aux pointes acérées utilisée au Moyen-Âge, qui ne laisse pas indemne le sexe de la femelle.  

La sélection sexuelle décrite par Darwin. Mais pourquoi un animal développe-t-il de telles armes ? Selon la théorie dominante, les mâles équipés de pénis avec de longues épines ont une plus grande réussite en matière de fertilisation. Du coup, pour augmenter son succès reproductif au cours des générations, le bruche du niebé a acquis des épines de plus en plus longues, symbolisant la sélection sexuelle décrite par Darwin. Cependant, selon les chercheurs, ces accouplements dévastateurs ne sont pas immédiatement meurtriers. 

Cela ne serait pas à l'avantage du mâle : la femelle doit pouvoir élever sa descendance. Mais, à terme, ils réduisent la durée de vie des femelles. Pour autant, celles-ci ne sont pas restées sans réaction face à cette évolution. "Tout d'abord, l'épaisseur moyenne de l'appareil génital de la femelle a augmenté pour éviter la perforation", explique Liam Dougherty. "Deuxièmement, les femmes ont développé leur système immunitaire, les plaies sont moins nocives et peuvent être réparées plus rapidement".

Punaises de lit, chimpanzés, limaces de mer. "La co-évolution observée chez cette espèce aboutit à une 'course aux armements' sexuelle", estime Liam Dougherty. Mais également à une baisse de la fertilité des femelles. Il ajoute que "l'accouplement traumatique" est observé chez plusieurs espèces".

L'exemple le plus connu est celui des punaises de lit. Le mâle perfore l'abdomen de la femelle avec son pénis en forme d'aiguille hypodermique pour directement déverser ses spermatozoïdes au bon endroit. Des piquants ornent encore les pénis des chimpanzés, des chats ou des limaces de mer.