Un intestin humain fonctionnel reconstitué à partir de cellules souches

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Un intestin humain fonctionnel reconstitué à partir de cellules souches
Une fois implantés dans des souris, les tissus intestinaux se sont développés et ont assurés les fonctions intestinales de base. Image d'illustration. @ ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Des chercheurs français et américains, après transplantation sur des souris, ont constaté que l'organe fonctionnait normalement.

Surnommé "le second cerveau", l'intestin humain, qui dispose de son propre système nerveux, est d'un fonctionnement complexe tout en étant à l'origine de nombreuses maladies. Or, jusqu'alors, les chercheurs ne disposaient d'aucun modèle fiable pour étudier son comportement. C'est désormais du passé grâce à une innovation réalisée par l'Inserm et le Cincinnati Children’s Hospital Medical Center et présentée dans la revue Nature Medicine, a rapporté lundi le site de l'Inserm.

"Un intestin fœtal en développement". En 2010 et en 2014, ces chercheurs étaient déjà parvenus à créer des tissus intestinaux mais dépourvus de cellules nerveuses, ces derniers étaient incapables d'absorber les nutriments et de rejeter les déchets. Afin de pallier à cette absence, ils ont décidé cette fois-ci de cultiver des cellules nerveuses à leur stade embryonnaire, avant de les introduire dans un intestin précédemment créé in vitro. Le résultat est probant puisque '"un intestin fœtal en développement" a été obtenu, expose un des co-auteurs de l'étude Maxime Mahé, chargé de recherche à l'Inserm. 

Implantés avec succès sur de souris. Afin d'évaluer sa capacité à fonctionner, les chercheurs ont ensuite introduit ces tissus dans des organismes vivants, en l’occurrence des souris de laboratoire. Là encore, la réussite est au rendez-vous puisque les tissu intestinaux se sont mis à fonctionner comme ils le font dans un organisme humain. "Ils se développent et assurent les fonctions intestinales, telles que le traitement des nutriments. Ils présentent enfin (…) des séries de contractions musculaires qui déplacent les aliments au travers des voies digestives", explique l'Inserm dans son communiqué de presse.

Pour tester de nouvelles thérapies. Cette découverte va permettre de tester désormais de nouvelles thérapies en première étape avant d'appliquer des essais cliniques chez l'humain. L'Inserm et le Cincinnati Children’s Hospital Medical Center ont d'ores et déjà étudié grâce à cet intestin d'un genre nouveau la maladie rare d'Hirschsprung qui empêche le système nerveux de se développer dans cette partie du corps.