Restes d'Homo sapiens au Maroc : "Une découverte très importante"

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Pour le paléontologue Pascal Picq, la découverte de restes d'Homo sapiens datant de 300.000 ans - les plus vieux à ce jour - permet de définir avec certitude l'ancienneté de notre espèce.

INTERVIEW

On en sait plus sur nos origines. Des fouilles entamées en 2004, et dont les résultats ont été dévoilés mercredi, ont mis au jour au Maroc des restes d'Homo sapiens datant de 300.000 ans. Pour le paléontologue Pascal Picq, interrogé sur Europe 1 jeudi matin, "le schéma des débuts de notre espèce se consolide".

"Caler l'ancienneté de la lignée Homo Sapiens". "C'est une découverte très importante car elle permet de très bien caler l'ancienneté de la lignée Homo sapiens. On sait que nos origines sont africaines, mais le problème c'est qu'on n'avait pas de fossiles au-delà de 200.000 ans", indique le spécialiste. Grâce à cette découverte, notre espèce a pris "un coup de vieux de 100.000 ans", indiquait mercredi le Français Jean-Jacques Hublin, directeur du département d'Evolution humaine à l'Institut Max Planck de Leipzig (Allemagne) et coauteur des travaux. 

Des Homo sapiens exactement comme nous. Lors de ces fouilles, une face humaine et une mandibule, probablement la plus belle mandibule d'Homo sapiens d'Afrique, ont été découvertes. Pascal Picq l'assure : ces très vieux Homo sapiens nous ressemblaient comme deux gouttes d'eau. "On leur aurait mis un costard-cravate, personne ne les aurait reconnu", sourit-il. "Ils ont une mâchoire, un menton, une arcade dentaire très parabolique, comme nous (…) Tout ça, ce sont des caractères parfaitement patentés pour de bons Homo sapiens", assure le paléontologue.

"Ces hommes étaient partout en Afrique". Ces remarquables découvertes, effectuées sur le site de Jbel Irhoud dans le nord-ouest du Maroc, permettent également de consolider les certitudes des scientifiques sur le territoire occupé par les Homo sapiens au début de l'espèce. "On a beaucoup oublié le Maghreb, parce que l'Afrique du sud et l'Afrique de l'est ont apporté beaucoup de découvertes. Mais ces hommes étaient déployés partout en Afrique, dans un triangle entre le Maghreb, l'Ethiopie et l'Afrique du sud", souligne Pascal Picq.