Philippe Le Gal : "L’odyssée Rosetta-Philae a permis d'engranger une quantité de données extraordinaires"

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Le président du Centre national d'études spatiales revient sur les deux réussites de la semaine dans le secteur spatial : la localisation du robot Philae et le lancement de la sonde Osiris-Rex.

Que de bonnes nouvelles pour le secteur spatial cette semaine : mardi, le robot Philae a été localisé sur la comète Tchouri grâce à la sonde Rosetta alors qu'il était perdu depuis plus d'un an. Puis, jeudi, les Etats-Unis ont lancé avec succès la sonde Osiris-Rex qui doit rapporter des échantillons d'astéroïdes pour les analyser. Jean-Yves Le Gal, président du Cnes, le Centre national d'études spatiales, était l'invité de l'émission C'est arrivé cette semaine pour évoquer ces avancées. 

Retrouvé in extremis. Pour Philae, l'espoir était mince : "on n'avait plus beaucoup de liaisons avec lui depuis juin de l'année dernière". Qui plus est, la sonde Rosetta était à un mois de la fin de sa mission et a donc été retrouvée in extremis. "On a décidé, maintenant que la comète s'en va très loin du soleil - elle est à 800 millions de km et les photos mettent 40 minutes à parvenir aux scientifiques -, de rapprocher Rosetta du noyau pour faire des photos en gros plan. Dans ces photos se trouvait le robot, pile à l'endroit où on avait calculé qu'il serait."

Revoir les théories. L’odyssée Rosetta-Philae, entamée en 2004, a permis "d'engranger une quantité de données extraordinaires", souligne le scientifique. Les photos permettent notamment de connaître la structure de la comète. Les photos près du noyau ont aussi permis de revoir les théories. Les scientifiques pensaient ainsi que le noyau de la comète était une sorte de "boule de neige sale". En réalité, "ce sont deux boules collées, avec des cratères, des canyons, des falaises."

"Etudier la matière primitive". L'envoi de la sonde américaine Osiris-Rex, un voyage de sept ans, profite aussi aux Français. "On est de toutes les coopérations internationales. Ce sont les scientifiques français qui font les instruments les plus importants d'Osiris Rex", précise-t-il. La sonde doit se mettre en orbite autour de l'astéroïde Bennu, l'un des plus anciens du système solaire. Puis, dans deux ans, la sonde ira l'effleurer et prendre 60 grammes de la surface. "On va étudier la matière primitive", ce qui a permis d'avoir des planètes et de la vie. "On va trouver le matériau originel qui a fait les planètes et donc la Terre". La quête de la vie est le Graal dans la conquête spatiale : dans le système solaire, les projecteurs sont braqués sur Mars, où l'on "envoie des robots. Et probablement, dans 10 ou 15 ans, une mission habitée".