L'humanité qui vit à crédit dès le 2 août : "Il faut revoir nos modes de consommation et de production"

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L'ensemble des ressources produites en un an ont été consommés en sept mois, obligeant à repenser de nombreux paramètres de nos modes de vie.

L'humanité vit à crédit depuis aujourd'hui, le 2 août. Elle a consommé tout ce que la planète est capable de produire en une année. Pour que ce ne soit pas le cas, il lui faudrait 1,7 planète. "Notre gourmandise de ressources naturelles, notre soif sans fin pour le gaspillage et les déchets nous conduisent, jusqu’à la fin de l’année, à vivre à crédit", souligne Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique dans une tribune du Monde. Ce "jour du dépassement" arrive chaque année toujours plus tôt. L'an dernier, c'était le 8 août.

Sept mois pour épuiser les ressources d'une année. La date fatidique est symbolique mais elle rappelle qu'en sept mois, l'humanité a épuisé les ressources produites en une année. Elle a déjà coupé trop d'arbres et émis trop de carbone comparé à ce que les océans et les forêts sont capables d'absorber. L'homme a aussi trop pêché, ralentissant la reproduction des poissons. Si beaucoup de pays riches donnent l'impression qu'ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre, en réalité, ils en ont délocalisé une partie vers les pays plus pauvres, disent plusieurs experts. Ainsi, le problème n'est pas réglé, mais seulement déplacé.

"Déployer davantage nos cultures bio". "Il faut revoir nos modes de consommation et de production", explique au micro d'Europe 1 Pierre Cannet, du fonds mondial pour la nature. "Ça passe par l'augmentation des énergies renouvelables, et par des économies d'énergie. En termes d'agriculture, on doit pouvoir aussi déployer davantage nos cultures bio. Nous voyons en France un succès considérable du bio avec une augmentation de 22% entre 2015 et 2016 de la consommation bio. Il y a donc une demande, il va falloir y répondre."

Sans perdre de vue qu'il va falloir également éviter de surexploiter les écosystèmes. Jamais les prix des énergies renouvelables n'ont été aussi bas, explique Nicolas Hulot. Cela laisse entrevoir, dit-il, un avenir sans énergies fossiles.