Les internautes et des images spatiales à la rescousse des archéologues

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Les internautes et des images spatiales à la rescousse des archéologues
Grâce à une formation accélérée, les internautes peuvent repérer et signaler des sites archéologiques@ capture d'écran de GlobalXplorer
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La plateforme est conçue comme un jeu vidéo dans lequel les internautes peuvent gagner des récompenses.

L'archéologue américaine Sarah Parcak a dévoilé lundi une plateforme en ligne permettant aux internautes de participer à la détection de sites antiques et à la prévention de leur pillage à partir d'images satellite.

Jouer au petit archéologue. "Avec GlobalXplorer, nous permettons à une armée d'explorateurs mondiaux du 21e siècle de découvrir et de protéger notre histoire partagée", a-t-elle commenté. La plateforme GlobalXplorer.org utilise des photos satellitaires pour un jeu de recherche d'indices quant à la localisation possible de sites archéologiques nouveaux ou risquant d'être pillés.

Au fil du temps passé à chasser des reliques et des voleurs sur ces images, les utilisateurs passent à des niveaux supérieurs comme dans un jeu vidéo et gagnent des récompenses, comme une chance de rejoindre virtuellement des archéologues sur une vraie zone de fouilles.

Protéger des sites archéologiques en danger. L'objectif est également de faire examiner par de vrais archéologues les sites qui auront été signalés par la "foule" des internautes, selon le principe dit du "crowdsourcing". "Dès qu'ils verront des sites nouveaux ou détruits depuis l'espace, nous serons présents sur place pour enquêter et les protéger", assure Larry Coben, patron-fondateur de la Sustainable Preservation Initiative (SPI) qui fait partie des collaborateurs du projet avec National Geographic.

Des images satellitaires tronquées. DigitalGlobe, une société spécialisée dans la capture de photos à haute résolution de la terre depuis l'espace, indique pour sa part avoir fourni des images couvrant plus de 200.000 kilomètres carrés au Pérou. Les internautes ne voient toutefois que de petites portions d'images satellitaires, avec des données de localisation assez générales sur le pays concerné, afin d'éviter justement que la plateforme ne soit utilisée par des pilleurs de sites archéologiques.

L'ouverture d'une discipline très fermée. Professeure à l'université de l'Alabama à Birmingham où elle a fondé le Laboratory for Global Observation, Sarah Parcak a remporté le prix TED 2016 pour son travail de détection des sites antiques - et des pillages - grâce à un traitement particulier des images satellite. Ce prix était doté d'un million de dollars pour financer un "souhait", et la plateforme GlobalXplorer en est le résultat.

"Le souhait de Parcak met dans les mains de tout le monde les outils pour découvrir et protéger la riche histoire de l'humanité, en ouvrant une discipline traditionnellement très fermée", a commenté Anna Verghese, la directrice du prix TED. "Maintenant notre histoire est préservée par des millions (de personnes) plutôt que seulement une poignée."