Les humains responsables d'une maladie qui décime les abeilles

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Les humains responsables d'une maladie qui décime les abeilles
Un apiculteur et ses ruches près de Nantes. Image d'illustration.@ GEORGES GOBET / AFP
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La propagation d'un virus transmis par un parasite aurait pour origine l'action des apiculteurs. 

Une maladie qui décime les populations d'abeilles sur la planète est originaire d'Europe et sa propagation rapide est imputable aux apiculteurs, ont déterminé des chercheurs dont les travaux ont été publiés jeudi dans la revue américaine Science.

Virus+parasite = cocktail dangereux. Ce virus responsable de la maladie des ailes déformées est souvent transmis à ces insectes par un acarien, le Varroa. Les chercheurs ont découvert que les abeilles européennes de l'espèce Apis mellifera sont sans conteste à l'origine de tous les cas d'ailes déformées dans les ruches également infectées par ce virus. Seul, ce virus ne représente pas une sérieuse menace pour les abeilles, mais quand il se trouve dans l'acarien Varroa, la combinaison est dévastatrice, tuant des millions d'abeilles domestiques.

Une pandémie d'origine européenne. "C'est la première étude à montrer que les abeilles européennes sont la source de cette pandémie combinant la maladie des ailes déformées et le Varroa", souligne Lena Wilfert, de l'Université d'Exeter, une des co-auteurs de l'étude. "Ceci démontre que la propagation de cette combinaison destructrice est largement le fait des humains, car si ce phénomène était naturel, on pourrait alors s'attendre à voir des transmissions entre des pays proches les uns des autres, ce qui n'est pas le cas", poursuit-elle, notant par exemple qu'en Nouvelle-Zélande, les souches de virus responsables des ailes déformées sont originaires d'Europe. "Cela conforte considérablement la théorie selon laquelle le transport des abeilles par les humains est en cause dans cette pandémie", juge la scientifique.

Éliminer le parasite. Celle-ci plaide pour mettre en place "des limites strictes aux mouvements des ruches même si elles ne sont pas contaminées par le Varroa". La chercheuse souligne en outre la nécessité que les apiculteurs prennent les mesures nécessaires pour éradiquer ce parasite de leurs ruches, étant donné que les pollinisateurs sauvages peuvent également être contaminés par le virus. Cette menace vient s'ajouter aux craintes pour l'avenir des populations d'abeilles dans le monde suscitées par le syndrome d'effondrement des colonies depuis une dizaine d'années, dont la ou les causes n'ont pas été vraiment élucidées. Certains insecticides et les monocultures sont souvent montrés du doigt.