Et l'encens dévoile ses mystères...

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Un laboratoire niçois a réussi à isoler les molécules qui donnent aux fumigations d’encens leur odeur si caractéristique.

Dans l’Antiquité, sa valeur était équivalente à celle de l’or. La tradition chrétienne le cite même comme l’un des présents offerts par les rois mages au Christ. L’encens, sans doute le plus vieux parfum du monde, est utilisé depuis plus de 6.000 ans dans toutes les civilisations. Et pourtant, un chercheur français vient seulement de percer le secret de son odeur.

3 kilos d'huiles essentielles. On sait que l’encens est issu d'une résine récoltée sur le boswellia, un arbre très spécifique de la corne de l'Afrique, mais on ignorait jusqu’à présent ce qui, dans sa composition chimique, était à l’origine de son odeur si particulière. Dans son laboratoire de l’institut de chimie de Nice, Nicolas Baldovini a eu du nez. C’est par simple curiosité que ce scientifique de 42 ans s’est penché sur ce problème, d’abord seul puis en équipe.

Et ce n’est qu’au bout de plusieurs années de recherches, après avoir distillé trois kilos d’huiles essentielles d’encens, qu’il a fini par en isoler les composants. "À partir de ces trois kilos, on a pu isoler un volume équivalent à un dixième d’une goutte de ses constituants odorants typiques purifiés", explique-t-il au micro d’Europe 1.

Acides "olibaniques". Grace à des appareils ultra-modernes, mais aussi au nez humain, la note de fond de l’encens à été identifiée, composée de deux acides baptisés "olibaniques", et jamais découverts jusqu’à présent à l’état naturel. Il y a cinq ans encore, la science n’aurait pas permis ce type de découverte, réalisée grâce à la société Albert Vieille, entreprise de Vallauris spécialisée en matières aromatiques 100% pures et naturelles, qui a financé les recherches.

Des débouchés dans la parfumerie. "Ce qui est vraiment intéressant, c’est que l’odeur si puissante de l’encens vient de molécules présentes en très faible quantité. Nous avons ainsi pu mettre en évidence les fractions qui sont à l’origine de ce parfum de vieille église que tout le monde connait", se félicite Elise Carenini, responsable du laboratoire de contrôle qualité et de recherche et développement de la société. Cette découverte étant susceptible d’intéresser des parfumeurs, un brevet a déjà été déposé.