Une minute de 61 secondes dans la nuit de mardi à mercredi

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Une minute de 61 secondes dans la nuit de mardi à mercredi
@ JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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SCIENCE - Le rajout d'une seconde à la dernière minute de la journée du mardi 30 juin est nécessaire pour calquer le temps dit "atomique" sur le temps "universel".

Vous ne vous en rendrez pas compte mais la dernière minute de mardi prochain durera... 61 secondes, au lieu de 60. Si le changement de vos pendules n'est pas franchement nécessaire, les scientifiques, eux, seront aux aguets puisque cet ajout est important pour éviter un bug mondial. Les satellites et les réseaux informatiques prendront donc en compte cette modification. En France, le changement sera fait par l'Observatoire de Paris sur la minute précédent 2 heures du matin, dans la nuit de mardi à mercredi. À 1h59, donc, il faudra patienter deux secondes, au lieu d'une, pour que les deux coups sonnent. 

La rotation de la Terre ralentit. Si le temps officiel doit se rallonger d'une seconde, c'est que la Terre a tendance a ralentir sa rotation, à cause de l'attraction qu'exerce sur elle la Lune et le Soleil. Les séismes, les variations des calottes glaciaires et les mouvements atmosphériques peuvent aussi influencer les mouvements de la planète bleue.

Le temps des humains et le temps des astres. En fait, cet ajout permet de faire concorder deux temps, celui des humains et celui du reste de l'Univers. C'est en 1971 qu'a été défini le Temps atomique international (TAI), calculé à partir du parc international des 400 horloges atomiques, dont 25 situées en France. En 1972, c'est au tour du Temps universel (TU)à être défini à partir de la rotation de la Terre et de sa position par rapport aux autres astres.

Un accord international prévoit alors de faire concorder les deux. Il est convenu que l'écart entre ces deux temps n’excède jamais 0,9 seconde, d'où la nécessité régulièrement de rallonger le temps. Depuis 1972, ce sont 25 secondes qui ont ainsi été ajoutées au temps, la dernière modification remontant au 30 juin 2012.

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Une horloge atomique de l'Observatoire de Paris (PIERRE VERDY / AFP)

Les pays divisés. Mais l'exercice de la seconde intercalaire n'est pas du goût de tout le monde et certains pays (Etats-Unis, France...) souhaiteraient le supprimer, le jugeant inutilement compliqué, pour ne plus se fier qu'aux horloges atomiques alors que d'autres (Grande-Bretagne notamment) plaident pour son maintien. Une réunion organisée dans le cadre de l'Union Internationale des Télécommunications aura lieu à ce sujet en novembre 2015 à Genève. Elle a pour but de discuter au niveau scientifique du maintien ou pas de cette procédure.

En 2012, un bug informatique. Si cette seconde divise, c'est qu'elle peut causer un bug informatique. Lors de la précédente modification, en 2012, de nombreux systèmes informatiques, qui n'avaient pas été suffisamment préparés à l'événement, ont été mis temporairement hors service. D'autres bugs pourraient être à prévoir cette année, il faudra donc particulièrement surveiller les sites boursiers et autres transactions financières en cours.