04/12/2017 - 14h22

La théorie d'Einstein tient bon face au satellite Microscope

© DAVID DUCROS / CNES / AFP

Le satellite français Microscope, lancé en 2016, a pour mission de trouver une brèche dans la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein. 

Le satellite français Microscope a confirmé la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein "avec une précision inégalée", selon les premiers résultats publiés lundi dans la revue Physical Review Letters. Cette mission en cours pilotée par le Cnes aimerait trouver une brèche dans le principe fondateur de cette théorie.

Précision 100 fois meilleure que sur la Terre. Pour l'instant, le microsatellite, lancé en avril 2016, n'est pas parvenu à mettre en défaut la théorie de l'immense physicien élaborée il y a un siècle. Les premiers résultats "démontrent avec une précision inégalée" que les corps tombent dans le vide avec la même accélération, a annoncé lundi le CNES, l'agence spatiale française. Expédié à 710 km de la Terre, Microscope (MICROSatellite à trainée compensée pour l'observation du principe d'équivalence) est chargé de tester dans le vide et dans l'espace l'universalité de la chute libre, en visant une précision 100 fois meilleure que sur la Terre.

De Galilée à Einstein. Le savant toscan Galilée a établi dès le début du 17e siècle que tous les corps (plume ou plomb), quelle que soit leur masse ou leur composition, tombent de la même façon dans le champ de gravité de la Terre, s'il n'y a pas de frottement dû à l'air. L'universalité de la chute libre peut être vue comme signifiant l'"équivalence" entre la force gravitationnelle et les "forces d'inertie" apparaissant par exemple dans une situation d'accélération. Albert Einstein a fait du principe d'équivalence entre gravitation et accélération le pilier de sa théorie de la relativité générale. Sa théorie décrit la gravitation comme une courbure de l'espace-temps déformé par la matière.

"10 fois mieux". Sur Terre, le principe d'équivalence a été vérifié mais l'objectif de la mission Microscope est d'être plus précis. "En termes de précision, on fait déjà dix fois mieux que les meilleures expériences sur Terre ayant testé le principe d'équivalence", déclare Pierre-Yves Guidotti, chef de projet d'exploitation de Microscope au CNES.