L'Europe envoie sa première navette dans l'espace mercredi

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L'Europe envoie sa première navette dans l'espace mercredi
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SCIENCES - Pour la première fois, l'Europe va envoyer dans l'espace une navette spatiale à des fins de tests.

Après l'exploit d'avoir envoyé un robot d'exploration sur la comète Tchoury, l'Agence spatiale européenne s'apprête à tester mercredi prochain sa première navette spatiale, capable théoriquement d'envoyer des astronautes dans l'espace et de les ramener, avec des échantillons. L'engin baptisé sobrement IXV, partira de la base spatiale de Kourou à bord d'une fusée Vega. 

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La forme d'une balle de fusil. IXV a une taille modeste de cinq mètres de long pour un poids de deux tonnes. Avec sa forme allongée de mini-fusée, il offre une forme aérodynamique idéale pour réussir sa rentrée dans l'atmosphère, sur le chemin du retour. Si 9 pays européens ont participé à son financement, il a été principalement construit par Thales Alenia Space, une entreprise franco-italienne. 



Un vol plané à 412 kilomètres d'altitude. Le lanceur Vega larguera mercredi IXV à 320 kilomètres d'altitude, au nord de l'océan Atlantique, pour une mission d'une durée d'1 heure 40. La mini-navette poursuivra alors sa lancée jusqu'à 450 kilomètres de haut tout en survolant le nord de l'Europe et de la Russie, pour redescendre sur Terre. L'amerrissage est prévu au sud-est de l'océan Pacifique après une descente freinée par des parachutes. 



L'Europe va-t-elle envoyer des astronautes dans l'espace ? Après avoir envoyé des sondes et des fusées dans l'espace, l'ESA souhaite-t-elle se lancer dans les navettes ? On pourrait le croire quand on sait que l'Europe dépend pour ses engins spatiaux de la capsule Soyouz de la Russie ou des véhicules de l'américain Space X. L'ESA a bien déjà conçu une navette, l'ATV qui alimente la station spatiale internationale, mais elle ne sait pas revenir sur Terre et se désintègre dans l'espace après avoir rempli sa mission.

Et pourtant, selon Alain Cirou, l'expert spatial d'Europe 1, IXV restera au stade expérimental. "L'ESA n'a pas les moyens d'envoyer des hommes dans l'espace", explique-t-il. En 1992 déjà, l'agence avait abandonné un projet de navette, Hermès, jugée trop coûteuse par les états européens. Le lancement test de mercredi prochain n'est donc pas prêt de se reproduire : "Lancer et faire revenir une navette coûte extrêmement cher car l'entrée dans l'atmosphère demande des hautes-technologies", explique Alain Cirou.



Expérimenter seulement… L'objectif du lancement d'IXV est "de démontrer en vol les nombreux travaux menés en termes de technologie", explique l'ESA. La mini-navette rentrera dans l'atmosphère à une vitesse de 7,7 kilomètres par seconde, sans parler des températures dantesques que vont subir ses boucliers thermiques, jusqu'à 900 degrés. Pour affronter une telle épreuve, IXV est un bijou de technologie. Son revêtement mêle du carbone, de la céramique, du carbure de silicium, capable soit de résister à la chaleur, soit de l'absorber. 

L'ESA va également étudier l'efficacité du système de guidage en partie fait par GPS ainsi que le comportement aérodynamique d'IXV grâce à l'analyse des données du vol, récupérés après l'amerrissage. 

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… pour mieux collaborer avec la Nasa. Alain Cirou est catégorique : "L'ESA ne veut pas sa propre navette, elle souhaite plutôt tester de nouvelles technologies pour les proposer ensuite aux Etats-Unis". 
La Nasa a en effet en projet la capsule Orion pour transporter des astronautes sur la Lune d'ici 2020. "L'ESA pourrait, en échange de sa maîtrise technologique, récupérer des sièges à bord d'Orion pour ses astronautes", avance Alain Cirou. Enfin, la technologie développée sur IXV est aussi utilisable pour explorer d'autres planètes du système solaire ou encore dans l'industrie du missile militaire. 

Pour suivre en direct les aventures de la mission IXV sur Twitter, cliquez ici.

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