Jupiter, Vénus et des éclipses… ce que l'Univers nous réserve pour 2016

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Jupiter, Vénus et des éclipses… ce que l'Univers nous réserve pour  2016
La sonde Akatsuki autour de Vénus, deux éclipses et la sonde Juno autour de Jupiter... 2016 va être riche du côté de l'espace.@ Akihiko Ikeshita / JIJI PRESS / AFP ; FREDERICK FLORIN / AFP ; NASA / AFP
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Vénus, Jupiter et Mars seront les objectifs planétaires des agences spatiales pour l'année à venir. 

Tchouri, Rosetta, sans oublier Pluton ou encore Cérès, 2015 a gâté les passionnés de l'Univers. Et 2016 a d'ores et déjà de quoi la concurrencer ! L'Agence spatiale européenne (ESA), la Nasa mais aussi le Japon se préparent à envoyer sondes et robots dans l'infini. Mais l'imagerie de l'espace va aussi livrer plusieurs de ses trésors. Europe 1 fait le tour pour vous de l'actualité spatiale des mois à venir.

A l'abordage de Vénus... Envoyée en 2010 par Jaxa, l'Agence spatiale japonaise, la sonde Akatsuki, après cinq ans de dérive due à une panne, a réussi à s'installer aux abords de "l'étoile du berger" en décembre dernier. Et à partir d'avril, cette septième sonde envoyée par le Japon fournira des clichés très précis de la surface de Vénus où existe encore une activité volcanique résiduelle. Les analyses de sa surface permettront de comprendre pourquoi cette planète, longtemps vue comme une sœur jumelle de la Terre, a mal tourné. Née il y a 4,6 milliards d'années comme la planète bleue, d'une taille similaire, Vénus est devenue particulièrement hostile avec une température de 480 degrés et une atmosphère composée à 95% de gaz carbonique.

… et de Jupiter. En attendant la sonde Juice qui sera envoyée par l'Europe en 2022, c'est la sonde américaine Juno, bardée de huit instruments, qui va visiter Jupiter dès cette année. Envoyée en 2011, elle se placera en juillet en orbite autour de cette planète qui n'a pas été visitée depuis 1995. Pendant un an, Juno analysera l'atmosphère épaisse de cette "géante gazeuse", grosse comme 1.300 Terres, mais scrutera aussi ses trois lunes. L'une d'entre elles, Europe, cache sous une couche de glace de 30 kilomètres d'épaisseur un océan d'eau, voire peut-être même du sel.

Pour en savoir plus au sujet du travail de Juno sur le climat tumultueux de la planète Jupiter : 



Tchao Rosetta… Elle tourne depuis août 2014 autour de la comète 67P/Churyumov–Gerasimenko. Mais en 2016, il faudra lui dire adieu. Si Philae, le robot qu'elle a largué, a jusqu'à fin janvier pour se réveiller une dernière fois, Rosetta, elle, va continuer à orbiter autour de la comète jusqu'en septembre. Elle devrait alors entamer une descente en spirale sur une période de trois mois, tout en continuant ses analyses. Mais n'ayant pas été conçue pour atterrir, son arrivée ressemblera plutôt... à un crash, mettant fin à ses communications avec la Terre.

… bon voyage Osiris-Rex ! La Nasa veut reproduire l'exploit de Rosetta autour de Tchouri. C'est pourquoi en septembre, elle enverra de Floride sa sonde Osiris-Rex en direction de l'astéroïde 101955, "Bennu" de son petit nom. Découvert en 1999, il mesure 575 mètres et orbite autour de la planète en une grosse année. La sonde n'arrivera vers lui qu'en septembre 2017. En orbite d'abord, elle se déposera ensuite à sa surface. Cerise sur le gâteau : la Nasa veut la faire revenir sur Terre en 2023 afin de récupérer les échantillons prélevés.



(re)Découvrir Mars. Alors que la Nasa a repoussé à 2018 sa mission martienne Insight, l'Europe, en collaboration avec la Russie, lancera en mars ExoMars pour une arrivée à destination prévue en octobre. Du déjà vu ? Pas vraiment. Si les lieux ont été visités 25 fois ces 40 dernières années, des instruments toujours plus performants peuvent encore faire parler la planète rouge. Le satellite Trace Gas Orbiter (TGO) aura pour mission de respirer et d'analyser la fine atmosphère martienne. Mais TGO lâchera aussi un robot. Schiaparelli (c'est son nom mais aussi celui d'un célèbre astronome italien) atterrira en douceur grâce à un parachute. Une fois à la surface, ce module ne fonctionnera que quelques heures. Il jouera en effet le rôle de "démonstrateur", une sorte de galop d'essai avant 2018. Cette fois-ci, c'est une plate-forme bardée d'instruments et d'une durée de vie d'un an qui sera larguée.

TGO accompagné de Schiaparelli est arrivé récemment en Russie à Baïkonour en vue de son lancement à bord d'une fusée Proton :



Des éclipses en Asie et en Afrique. En 2016, le spectacle sera aussi au travers de… lunettes. Le 9 mars aura lieu la dixième éclipse totale de soleil du 21e siècle. Pour en profiter, il ne faudra pas rester en France. L'éclipse traversera l'Indonésie, puis un atoll de Micronésie. L'autre solution sera de se planter dans l'océan Pacifique près des îles Midway.

Le 1er septembre, ce sera le tour d'une éclipse annulaire, c'est à dire que la Lune qui passera entre la Terre et le Soleil laissera celui-ci dessiner autour d'elle un anneau de lumière. Elle sera visible en France… mais seulement sur l'île de La Réunion. Cette éclipse traversera en effet toute l'Afrique, excepté le littoral du Maghreb.

Plein les yeux avec Gaïa. C'est durant l'été 2016 que la sonde Gaïa, envoyée en 2013 par l'Esa, devrait livrer ses premiers clichés. Ce voyage ambitieux à 1,5 million de kilomètres de la Terre a pour objectif de cartographier notre galaxie. En précisant la position précise d'un milliard d'étoiles mais aussi en photographiant sous toutes ses coutures l'Univers. C'est un catalogue de plusieurs milliers d'objets astronomiques qui doit être livré. A la clef aussi, la découverte de nouvelles exoplanètes et des découvertes sur la structure de notre galaxie, la Voie Lactée.

Gaïa a déjà livré quelques photographies. Ci-dessous, la comète Tchouri :



… et le tout premier cliché d'un trou noir. Ils existent en théorie seulement. Plus pour longtemps. Les trous noirs vont enfin devenir réalité grâce au projet Event Horizon. Les 79 plus gros télescopes de la Terre ont décidé de s'associer à partir de 2016 pour produire une sorte de "super-téléscope". Son but ? Photographier le trou noir massif qui trône au centre de notre galaxie, Sagittarius A, situé à 27.000 années-lumière de notre Terre.