Jean-François Clervoy : "Thomas Pesquet rentre en ayant accompli plus de 100% de ses objectifs"

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Thomas Pesquet fait son retour sur Terre vendredi après-midi. Et l'astronaute français "peut être fier" de ce qu'il a accompli durant les six mois qu'il a passés dans l'espace, explique Jean-François Clervoy, ancien spationaute.

INTERVIEW

Thomas Pesquet peut revenir sur Terre avec le sentiment du devoir accompli. C'est en tout cas ce que pense Jean-François Clervoy alors que l'astronaute français fait son retour vendredi sur la Planète bleue après six mois passés dans l'espace. "La première satisfaction de l'astronaute, c'est la mission accomplie avec succès. Et il peut être fier car il rentre en ayant accompli plus de 100% de ses objectifs", explique le président de Novespace et ancien spationaute de l’Agence spatiale européenne, sur Europe 1.

Pas que de la communication. Si Thomas Pesquet a beaucoup communiqué avec le monde extérieur pendant les 196 jours qu'il a passés dans l'espace, son rôle ne se limitait pas à cela : "L'Agence spatiale européenne a mis en place des moyens pour que l'on puisse beaucoup communiquer. Donc il fait un peu de communication sur son temps libre le matin et le soir et c'est ensuite l'Agence spatiale européenne qui égraine ses messages au cours de la journée."

Thomas Pesquet "en super forme". Jean-François Clervoy a par ailleurs eu le privilège de recevoir un coup de fil de Thomas Pesquet pendant la semaine. "Il était en super forme, il était prêt, il avait terminé ses bagages. Il a toujours été en avance sur son travail, sur son plan de vol", assure-t-il.

A l'atterrissage, "on a l'impression d'être en plomb". Qu'en sera-t-il au moment de son retour sur Terre ? Au moment d'atterrir, "il y a deux sensations très fortes", raconte celui qui l'a déjà vécu trois fois : "On se sent très lourd, on a l'impression d'être en plomb. Ne serait-ce que soulever son bras, ça demande un effort incroyable. Et en plus, l'oreille interne, le sens de l'équilibre, est totalement déconnecté. On a l'impression que le monde tourne autour de nous quand on bouge la tête. On ne peut pas se tenir en équilibre tout seul. Thomas pourra se tenir debout quasiment tout de suite, mais il faudra qu'il soit aidé."

Pas de "space blues" en vue. Et sur le plan moral, doit-il s'attendre à un "space blues" ? "Non. Peut-être six mois plus tard mais là il va être très occupé", assure Jean-François Clervoy. Retrouver ses proches, les débriefings techniques et des relations publiques, voilà ce à quoi Thomas Pesquet passera le plus clair de son temps. "Il va retourner à son bureau dans environ six à huit mois. Et là, il va peut-être se retrouver avec un challenge qui est beaucoup moins élevé que celui que l'on a avec le vol spatial. C'est là qu'on se demande : 'Quand est-ce que je referai quelque chose d'aussi grand ?'", raconte l'ancien spationaute.

Il n'y a donc pas à s'inquiéter pour Thomas Pesquet à l'occasion de son retour sur Terre.