Extinction de masse ? Mieux vaut être tout petit que très grand

  • A
  • A
Extinction de masse ? Mieux vaut être tout petit que très grand
@ LOIC VENANCE / AFP
Partagez sur :

Selon une étude parue dans Science, les petits animaux sont avantagés par leur natalité forte et rapide. 

En cas de cataclysme planétaire, ce n'est pas forcément le plus malin qui survit mais... le plus petit. Si les scientifiques le soupçonnaient, ils ont désormais réussi à le démontrer dans une étude parue en novembre dans la revue Science et rapportée par Sciences et Avenir

1.120 fossiles de poissons. Des scientifiques de l'université de Pennsylvanie ont analysé la taille de 1.120 fossiles de poissons datés de -419 à -323 millions d'années, une période durant laquelle une extinction de masse a fait disparaître les trois quarts des espèces. A cette époque, dite du dévonien, des poissons pouvaient atteindre les huit mètres de long et la plupart d'entre eux "mesuraient au moins un mètre de long", explique une des co-auteurs de l'étude, Lauren Sallan, chercheuse en sciences de la Terre et de l'environnement. Or, après la période de l'extinction ne subsistaient que des animaux "de la taille d'une sardine".

Se reproduire, vite. Si certains scientifiques pensent que la survivance des petits animaux s'explique par des changements de température, pour l'équipe de l'université de Pennsylvanie, la sélection naturelle favorise tout simplement les petites tailles. Les petits poissons, en bas de l'échelle alimentaire, ont tendance à se reproduire vite et en nombre important. Les animaux de grande taille, au contraire, moins menacés par la prédation, ont une natalité plus faible. Ils mettent aussi plus de temps à atteindre la taille nécessaire à leur reproduction. Des conditions de reproduction qui, en cas d’écosystème bouleversé, sont handicapantes et aboutissent sur la disparition des espèces de grande taille.

Les grands, le retour. Mais pourquoi aujourd'hui, y a-t-il sur Terre des grands animaux ? C'est que ces derniers finissent par ré-apparaître selon la loi Cope : lorsque les conditions de l'environnement redeviennent optimales, les petits animaux se mettent à grossir. Mais il faut alors plusieurs millions d'années. L'étude démontre en effet qu'il a fallu attendre 40 millions d'années après l'extinction de masse du dévonien pour revoir dans les flots des poissons de grande taille.