Amazonie forêt Mauro Pimentel / AFP 1:35
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Virginie Salmen, édité par , modifié à
Des chercheurs français vont se rendre en Amazonie, en Guyane, pour photographier une oasis de biodiversité inexplorée jusque-là. Ils espèrent y découvrir de nouvelles espèces aquatiques.
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C’est une zone de l’Amazonie à laquelle personne n’a jamais accédé. Une équipe de chercheurs français part mardi matin en Guyane pour une expédition inédite dans une oasis de biodiversité, selon les informations d’Europe 1. Leur but : plonger pour prendre des photos de ce récif et, si possible, y découvrir de nouvelles espèces aquatiques. 

Une "poche de vie" qui pourrait abriter des espèces inconnues

Les chercheurs vont devoir plonger dans des conditions extrêmes, à l'embouchure de plusieurs fleuves puissants qui traversent la forêt amazonienne et se jettent dans la mer, à 100 km des côtes de la Guyane. Sous ces torrents d'eau boueuse, à plus de 100 mètres de profondeur, se trouve toute une zone d'eau claire miraculeusement préservée. A cet endroit, un robot plongeur a décelé un récif, une "poche de vie" où vivent probablement des espèces inconnues de plantes aquatiques, et peut-être de poissons ou de micro-organismes.

"Ce qu’on appelle une "poche de vie" est une zone avec du récif, sur lequel se fixe toute une faune, avec des éponges et des algues. Il y a tout un système biologique qui se développe, avec une grande diversité. Il est possible de découvrir des nouvelles espèces, on est vraiment curieux de voir cela", s'impatiente Serge Planes, chercheur au CNRS. "C’est la première fois que des plongeurs vont accéder à cette zone. On ne sait pas du tout ce qu’on va trouver. On a seulement de petites idées, car les équipes de Greenpeace y ont envoyé un robot en 2017 et en 2018. C’est une aventure exceptionnelle", abonde Alexis Rosenfeld, plongeur et photographe au sein de l'expédition. 

Une plongée à haut risque

L'équipe de chercheurs va en effet plonger avec des appareils photos, des caméras et des sondes pour capturer les toutes premières images de cette oasis de biodiversité. Elle va également cartographier et mesurer l'étendue de cette zone sauvage, qui a bien failli être exploitée il y a quelques années par Total. "On va explorer cette zone-là car il y avait un projet d'exploitation pétrolière par Total, qui a été stoppé l'an dernier grâce, notamment, aux actions de Greenpeace", raconte Alexis Rosenfeld. 

Mais la tâche des chercheurs s’annonce difficile. "L’Amazone est le plus grand fleuve du monde, il a un débit de 200 millions de litres par seconde. Nous allons traverser jusqu’à atteindre cette couche d’eau claire à 15-20 mètres du fond, ce qui nécessite une grosse organisation. Les paliers de décompression vont être très long, car on est sur des plongées à 100-120 mètres de profondeur. Il faudra plusieurs heures pour remonter à la surface", explique le plongeur. A cette profondeur, il faudra éclairer avec des lampes puissantes, malgré les courants, pour pouvoir prendre les toutes premières photos de cette "poche de vie".