Un nouveau plan d'économies à la Sécu

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Un nouveau plan d'économies à la Sécu
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Pour réduire le déficit, les médicaments remboursés à 35% ne le seront plus qu'à 30%.

François Baroin a annoncé mardi lors d'une conférence de presse le souhait du gouvernement de réduire à 21,4 milliards d'euros le déficit du régime général de la Sécurité sociale. Cela correspondrait à une économie de 2,5 milliards d'euros. Pour cela, l'une des mesures phares serait de diminuer le remboursement de certains médicaments, dont le Spasfon.

Jamais la Sécurité sociale n’avait connu un tel déficit. Les comptes cumulés des branches maladie, famille, vieillesse et accidents du travail accusent ainsi un trou de 23,2 milliards d’euros, dont 11,6 milliards pour la seule branche maladie. En 2011, selon les prévisions, il se creuserait à 28,6 milliards si le gouvernement ne prenait pas de mesures nouvelles. La crise économique est en grande partie responsable de ce record. Avec la hausse du chômage, moins de personnes ont ainsi cotisé cette année.

Le contribuable sollicité

Des médicaments moins bien remboursés. Les médicaments remboursés à 35% par la Sécurité sociale, les fameuses "vignettes bleues", ne le seront ainsi plus qu'à 30%. Le Spasfon est concerné, ainsi que le pansement gastrique Smecta.

Le ticket modérateur modifié. A l'hôpital, après la hausse du forfait journalier l'an dernier, c'est le ticket modérateur sur les actes médicaux (qui reste à la charge des patients) qui va évoluer. Actuellement, les patients paient 20% de leur poche sur les actes jusqu'à 91 euros. Une participation forfaitaire de 18 euros est ensuite appliquée au-delà. Le budget 2011 prévoit de relever le seuil de 91 à 120 euros.

Les hôpitaux sollicités. La plus grosse part de l'effort portera sur le "renforcement de l'efficience du système de soins". 1,2 milliard d'euros devraient ainsi être économisés dans les hôpitaux et dans le secteur médico-social (personnes âgées et handicapées).

Baisse du prix de certaines consultations. Autre domaine important d'économie : les baisses de prix des médicaments et des dispositifs médicaux. Certains professionnels de santé, dont les radiologues et les biologistes, pourraient eux aussi voir le prix de leur consultation baisser.

Economiser 2,5 milliard d’euros

Le but de toutes ces mesures : économiser 2,5 milliards d’euros. Ce montant correspond à l'effort nécessaire pour respecter le cap fixé par Nicolas Sarkozy, qui veut limiter à 2,9% la hausse des dépenses de l’assurance maladie. Son rythme annuel s'est établi entre 3 et 4% ces dernières années.

La Mutualité française, qui fédère la quasi-totalité des mutuelles santé, a estimé que ces mesures, cumulées avec la hausse de la fiscalité des complémentaires santé, provoqueraient une hausse de 8 à 10% des tarifs des mutuelles.