Un jeu vidéo pour déceler les signes de l'alcoolisme chez les femmes

  • A
  • A
Un jeu vidéo pour déceler les signes de l'alcoolisme chez les femmes
Partagez sur :

L'alcoolisme des femmes, qui concerne au moins 500.000 d'entre elles en France, peut longtemps passer inaperçu. C'est ce que montre un jeu vidéo qui vise à sensibiliser les proches.

25 à 30% des alcooliques sont des femmes. Un phénomène qui peut bien souvent passer inaperçu. C'est justement pour aider les proches à déceler l'alcoolisme que les addictologues de la plateforme addictaide.fr lancent une nouvelle campagne lundi. Ils proposent de mener l'enquête, via un jeu vidéo, pour découvrir "le secret de Laurence".

Les indices de l'alcoolisme. Le jeu vidéo, construit à la manière d'un "escape game", nous plonge dans l'appartement de Laurence Cottet. Le joueur doit repérer une série d'indices et percer le secret de cette cadre d'un grand groupe de BTP. Des grains de café renversés partout dans la cuisine, de la nourriture périmée depuis longtemps dans le frigo, tache rouge suspecte sur le tapis, brosse à dents ensanglantée ou encore une bouteille de parfum à moitié vide… Laurence n'est "ni une meurtrière, ni un agent du KGB, ni un vampire", glisse Addict'Aide. Laurence est alcoolique, et son histoire, malheureusement, est bien réelle. 

"Je me nourrissais d'alcool". Laurence a tenté durant 15 ans de dissimuler son alcoolisme. "Quand je n'avais pas ma dose d'alcool, il m'est arrivé de boire du parfum", confie-t-elle au micro d'Europe 1. "Je me laissais aller sur le plan corporel. J'utilisais des fonds de teint pour essayer de me maquiller à outrance, pour toujours cacher les indices de l'alcoolisme. Je ne me nourrissais plus. Je me nourrissais d'alcool", se souvient-elle. Chaque jour, Laurence buvait deux à trois bouteilles de vin ou de champagne.

Les femmes cadres davantage touchées. Pour le psychiatre Michel Reynaud, les femmes alcooliques ressentent plus de honte que les hommes. "Chez un homme, l'image de l'alcool est conviviale, festive, sympathique. Chez une femme, c'est l'image de la mauvaise mère, de la femme légère", illustre-t-il au micro d'Europe 1. Selon le spécialiste, si l'alcoolo-dépendance touche davantage les hommes de faible niveau social, c'est tout l'inverse pour les femmes. Les cadres avec des responsabilités importantes sont davantage concernées.