Ménopause : un lien entre traitement hormonal et cancer

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Ménopause : un lien entre traitement hormonal et cancer
@ AFP
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ALERTE - On savait que ces traitements augmentaient légèrement le risque de cancer du sein… Une vaste étude établit que cela augmente aussi de 40% le risque d'avoir un cancer de l'ovaire.

Prendre un traitement hormonal de la ménopause (THM) est-il dangereux ? Le débat dure depuis des années dans le milieu médical et un lien a déjà été établi avec le cancer du sein mais, vendredi, une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet sur plus de 20.000 femmes a, cette fois, pointé un lien avec le cancer de l'ovaire.

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40% de risque en plus. Le lien entre la prise d'un traitement hormonal de la ménopause (THM) avec le cancer du sein est connu depuis plus d'une dizaine d'années mais, jusqu'à présent, aucune étude significative n'avait établi de lien avec un risque accru de cancer de l'ovaire. C'est chose faite depuis vendredi. En passant en revue quelque 52 études épidémiologiques portant sur un total de 21.488 femmes américaines, européennes et australiennes ayant développé des cancers de l'ovaire, des chercheurs britanniques ont fait un constat inquiétant : les femmes qui avaient reçu des THM avaient un risque globalement augmenté de 40% d'avoir un cancer de l'ovaire par rapport aux femmes n'ayant jamais reçu de tels traitements.

Cinq ans de traitement suffisent. Même lorsqu'il n'est prescrit que pendant quelques années, le traitement hormonal de la ménopause a un impact négatif pointent les chercheurs : "pour les femmes qui prennent un THM pendant 5 ans à partir de l'âge de 50 ans, cela signifie un cancer supplémentaire pour 1.000 utilisatrices et un décès par cancer de l'ovaire pour 1.700 utilisatrices", estime le Pr Richard Peto de l'Université d'Oxford, l'un des co-auteurs de l'étude.



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Dans leur étude, les chercheurs britanniques relèvent que l'accroissement du risque de cancer de l'ovaire est "significatif" pendant toute la durée du traitement. Il disparaît progressivement après son arrêt, mais subsiste d'autant plus longtemps que le traitement a été long. S'il n'a pas excédé 5 ans, le sur-risque disparaît complètement au bout de quelques années, ce qui n'est pas le cas des traitements qui ont duré plus longtemps. Les chercheurs précisent également que le risque est le même quel que que soit le THM utilisé mais qu'il ne concerne que les deux types de cancers de l'ovaire les plus courants (carcinomes séreux et endométrioïdes) et pas les deux autres, moins fréquents.

Des traitements sous le feu des critiques. En 2002, une vaste enquête américaine avait jeté le trouble en montrant que les THM entraînaient une augmentation du risque de cancer du sein et ne protégeaient pas du risque de crise cardiaque, contrairement à ce qui se disait à l'époque dans les milieux médicaux.

A la suite de cette étude, les prescriptions s'étaient rapidement effondrées en Europe et en Amérique du Nord, tandis que plusieurs pays émettaient des recommandations visant à limiter les traitements de la ménopause dans le temps et à les amorcer le plus rapidement possible après l'arrêt des règles.

Le cancer de l'ovaire reste rare. Dans un commentaire joint à l'étude, Nicolas Wentzensen et Britton Trabert, deux spécialistes du cancer à l'institut de Bethesda aux Etats-Unis, relèvent que le cancer de l'ovaire est beaucoup plus rare que le cancer du sein et les maladies cardiovasculaires et que les risques mis en évidence par l'étude devraient avoir un "impact limité" sur le risque global du traitement hormonal de la ménopause. Mais ils estiment également que l'étude pourrait fournir "des informations importantes" sur les cancers hormono-dépendants (dépendant de la stimulation hormonale).

Parce qu'il est difficile à détecter à un stade précoce, le cancer de l'ovaire a longtemps été surnommé "le tueur silencieux". Il tue 3.500 femmes chaque année en France.