Tests de grossesse : les pharmaciens veulent garder l'exclu

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Tests de grossesse : les pharmaciens veulent garder l'exclu
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Les pharmaciens rappellent qu’ils apportent le conseil en plus du produit. Ils ne veulent pas perdre leur monopole.

Les tests de grossesse vont désormais être disponibles en grande surface. La loi sur la consommation adoptée au parlement le 13 février rend en effet ce produit libre à la vente. Si le gouvernement y voit "une avancée", pour la santé publique, l’Académie nationale de pharmacie dénonce lundi "un mauvais service rendu aux femmes". La décision définitive sera donnée par le Conseil constitutionnel, auprès duquel l'UMP a déposé des recours.

Le conseil a quel prix ? Le prix moyen d’un test de grossesse est d’environ sept euros, mais peut varier de deux ou trois euros, à une vingtaine, pour les plus sophistiqués. Les pharmaciens assurent que leur vente ne représente qu’une part minime de leur chiffre d’affaires. Les professionnels apportent toutefois un conseil, un accompagnement personnalisé, que l’amélioration du packaging promise par le ministre de la Consommation, Benoît Hamon, ne satisfait pas. "Surtout quand il s'agit de très jeunes femmes en désarroi ou de femmes en situation précaire", affirme l’Académie nationale de pharmacie dans un communiqué.

Des tests moins chers. Le gouvernement attend "légitimement une baisse des prix" avec la vente libre des tests de grossesse, a expliqué Najat Vallaud-Belkacem. Jean-Pierre Foucher, secrétaire de l’Académie nationale de pharmacie, ne croit pas à cet argument et l’explique au micro d’Europe 1 : "Quelle sera l’économie réalisée sur les tests de grossesse qui ne sont pas remboursés par la sécurité sociale. C’est comme les médicaments vendus en grande surface qui seront vendus moins cher, je n’en suis pas sûr du tout".

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Des tests plus accessibles. Le gouvernement souhaite "faciliter l'accès aux tests", selon les propos Dominique Bertinotti. La ministre déléguée à la Famille assure du soutien à cette loi du Planning familial. Et Benoît Hamon rappelle que "dans beaucoup de cas, on a besoin de l'anonymat pour avoir accès" à ces tests de grossesse.

La vente libre, un risque pour la santé ? L'académie évoque le risque d'obtenir un résultat "faussement négatif si ce test est pratiqué trop précocement, avec en conséquence, une découverte tardive de la grossesse et le recours à un avortement, beaucoup plus lourd psychologiquement et coûteux." Jean-Pierre Foucher explique à Europe 1 que "le test de grossesse ne doit pas être donné sans conseil. On doit mettre en garde la population sur le fait que le pharmacien est celui qui pourra lui donner le conseil attendu pour l’utilisation de ce test". Les professionnels pointent notamment le risque de voir le nombre d’avortement  augmenter suite à une mauvaise utilisation des tests de grossesse.

Un risque de banalisation. L’opposition met en avant que "permettre l'achat en grande surface contribuera à la banalisation" des tests de grossesse et "enverra un signal négatif", selon les propos du député UMP Gilles Lurton qui dénonce le lobbying des grandes surfaces. Un avis partagé par Jean-Pierre Foucher : "On a tendance à vouloir banaliser un certain nombre de produits de santé, des médicaments, qui ne sont pas des produits comme les autres", conclut le pharmacien.

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