Téléthon : des avancées pour le cœur

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Téléthon : des avancées pour le cœur
Les médecins "réparent" le coeur grâce à une injection de cellules de moëlle osseuse.@ MAXPPP
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Les dons ont permis la mise au point d’une méthode pour soigner le cœur après un infarctus.

C’est une première médicale française. Des recherches, en partie financées par l'argent du Téléthon, ont permis de découvrir un moyen de "réparer" le cœur après un infarctus grâce à une injection de cellules de la moëlle osseuse. Une formidable avancée annoncée le jour de la 24e édition du Téléthon.

Pas de chirurgie, une simple injection

Ce sont des médecins et des chercheurs de l’Inserm qui sont à l’origine de la découverte. La nouvelle méthode mise au jour permet de réparer en partie les dégâts causés par un infarctus sur le muscle cardiaque sans avoir recours à la chirurgie, mais avec une simple injection de cellules de la moëlle osseuse prélevées sur le malade lui-même.

Entre 2005 et 2009, cent un patients, âgés de moins de 75 ans, arrivés en urgence dans les hôpitaux de Nantes, Toulouse, Lille, Créteil, Montpellier et Grenoble ont pu bénéficier de cette avancée encore expérimentale. Compte tenu de la gravité de leur infarctus, ils encouraient un gros risque d'insuffisance cardiaque qui se traduit par des essoufflements au moindre effort, des difficultés à monter un escalier ou à sortir faire des courses.

Une méthode que pour les non-fumeurs

Alors certains d’entre eux ont reçu une injection de "cellules médicaments" prélevées dans leur propre corps, explique le Pr Patricia Lemarchand du CHU de Nantes. "La thérapie cellulaire consistait à récupérer les cellules de la moelle osseuse dans l’os de la hanche pour les réinjecter dans l’artère du cœur, l’artère qui était responsable de l’infarctus au départ", souligne la spécialiste. "Les résultats montrent que les patients, dans le groupe qui a reçu la thérapie cellulaire, ont une meilleure récupération de leur muscle cardiaque, une moins grande cicatrice", ajoute-t-elle.

Les clichés du cœur de ces patients, pris trois mois après l’intervention, ont montré que la cicatrice était plus petite chez les malades ayant reçu ces injections de cellules. Mais il y a tout de même un bémol. Cette technique ne fonctionne que pour les non-fumeurs, car il semble que le tabac abime les cellules réparatrices prélevées dans la moelle osseuse.

D'autres recherches sont maintenant nécessaires pour confirmer ces résultats. Si c’est le cas, cette technique pourrait être généralisée d’ici à cinq ou six ans.