Sida : vers "une fin de l'extension de l'épidémie"

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Sida : vers "une fin de l'extension de l'épidémie"
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Pour Christine Rouzioux, professeure de virologie hôpital Necker, les pistes d'espoir sont néanmoins là.

INTERVIEW

"Une rémission du VIH n'est pas une guérison". Après l'annonce, lundi, de rémission du virus du Sida chez une jeune Française de 18 ans infectée par le VIH  pendant la grossesse de sa mère après avoir été sous traitement antirétroviral jusqu'à l'âge de 6 ans, Christine Rouzioux, professeure de virologie hôpital Necker, a rappelé mardi sur Europe1 que ce premier cas mondial ne signifiait pas que la patiente était guérie. Mais son cas, comme d'autres, est porteur d'espoir.

Une hypothèse porteuse d'espoir. Comment expliquer qu'une enfant née en 1996 et "infectée en fin de grossesse ou à l'accouchement ", traitée par antirétroviral dès sa naissance avant d'être formellement diagnostiquée porteuse du VIH "un mois après sa naissance" présente à un peu plus de 18 ans "une charge virale indétectable (...) sans avoir jamais repris d'antirétroviraux" ? Pour Christine Rouzioux, l'hypothèse est qu'"en traitant quelqu'un très précocement par antirétroviral, on protège bien son système immunitaire".

"Cela ne concerne que 15% des traités en primo-infection, ce qui n'est pas énorme", a relativisé la professeure de virologie. "Mais si on comprend ce qu'il faut stimuler pour induire ce contrôle viral, on aura gagné", a avancé la médecin.

Le virus toujours là mais à l'état dormant. Insistant sur le fait qu"une rémission du VIH n'est pas une guérison", Christine Rouzioux a indiqué que "des cellules infectées étaient régulièrement détectées chez cette jeune femme". "Le virus reste présent, mais à l'état dormant", a-t-elle résumé.

De l'espoir, mais…  Si, pour Christine Rouzioux, "il est un peu déprimant que ce genre de rémissions concerne si peu de personnes", cela renforce, selon elle, "les pistes d'espoir et de recherche". Refusant comme certains scientifiques de parler de fin de l'épidémie de Sida, elle préfère, de son côté, évoquer "une fin de l'extension de l'épidémie".