Sida : les experts recommandent le Truvada aux personnes à "haut risque"

  • A
  • A
Sida : les experts recommandent le Truvada aux personnes à "haut risque"
@ JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Partagez sur :

Le Truvada, combinaison de deux médicaments antirétroviraux contre le sida, est "recommandé", par un groupe d'experts, comme traitement préventif.

Le Truvada, combinaison de deux médicaments antirétroviraux contre le sida, est "recommandé", par un groupe d'experts, comme traitement préventif à destination de personnes non infectées par le sida, mais "à haut risque", a-t-on appris jeudi.

Risque réduit de 86%. Utilisé comme "prophylaxie pré-exposition" (ou PrEP), c'est à dire comme traitement préventif, le Truvada a fait la preuve de son efficacité pour éviter à des hommes séronégatifs d'être infectés par le VIH à la suite de relations sexuelles non protégées. Un essai clinique mené en France sur 414 hommes, a montré qu'il réduisait de 86% les risques de contamination. Un groupe d'experts mené par le spécialiste du sida Pr Philippe Morlat du CHU de Bordeaux a "recommandé" dans un avis remis à Marisol Touraine que ce type de traitement "puisse être prescrit" à des personnes encore non infectées, mais à "haut risque" d'infection.

"Au cas par cas". Le PrEP sera prescrit au cas par cas : pour les hommes ayant des relations anales non protégées avec d'autres hommes (au moins deux partenaires différents lors des six derniers mois), les hommes infectés plusieurs fois par des maladies sexuellement transmissibles sur les derniers mois ou encore les "personnes transgenres ayant des relations sexuelles à haut risque". D'autres personnes sont considérées comme étant "à haut risque". Il s'agit d'usagers de drogues injectables qui partagent leurs seringues, de personnes prostituées ayant des rapports non protégés ou de personnes vulnérables soumises à des rapports non protégés.

Pas pour tout le monde. Mais en dehors de ces cas, les experts ne recommandent pas le Truvada, en particulier pour les couples dont seulement un est porteur du virus du sida. "Dans ces situations, la base de la protection vis-à-vis du VIH repose sur l'utilisation du préservatif et du traitement antirétroviral du partenaire infecté", expliquent-ils. La population qui pourrait bénéficier en France de prescriptions de PrEP peut être estimée "à plusieurs dizaines de milliers de personnes", selon cet avis.