Sida : enfin des bonnes nouvelles

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Sida : enfin des bonnes nouvelles
Michel Sidibé, directeur exécutif d'Onusida, a présenté les conclusions optimistes de l'organisme international.@ REUTERS
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Selon Onusida, les nouvelles infections ont baissé d’un cinquième en dix ans dans le monde.

Le rapport publié mardi par Onusida est porteur de bonnes nouvelles sur le front de la lutte contre le sida. D’abord parce que la propagation de la maladie dans le monde tend à décliner. Ensuite parce que les motifs d’espoir restent nombreux pour les années à venir.

"Depuis 1999 - année où l'épidémie aurait atteint son maximum -, le nombre des nouvelles infections dans le monde a reculé de 19%", atteignant 2,6 millions en 2009, peut-on lire dans le document émanant de l’organisme onusien. "Cinquante-six pays ont stabilisé ou réduit de façon significative les infections" grâce aux efforts de "prévention et traitement", a souligné au cours d'une conférence de presse le directeur exécutif d'Onusida, Michel Sidibé.

"Progrès décisifs"

Le diplomate malien a salué en ce sens la récente évolution du pape sur l’utilisation du préservatif, admis "dans certains cas". "L'évidence scientifique (de l'efficacité du préservatif) ne suffit pas pour produire le changement social. Ce qui est indispensable, c'est cette référence morale, c'est le pape, ce sont les chefs de la religion musulmane", a-t-il ajouté, jugeant que cette annonce est "significative et positive", pour des pays comme le Brésil en particulier.

D’autres motifs d’espoir existent. "Dans le cadre de la révolution de la prévention, des progrès décisifs se dessinent grâce aux essais d'un nouveau gel microbicide qui suscitent de l'espoir pour toute une génération de femmes", relève Michel Sidibé. Pour Onusida, l'élargissement de l'accès au traitement est également source de progrès. En 2009, 5,2 millions de personnes vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire avaient accès au traitement antirétroviral, contre 700.000 en 2004.

30 millions de morts

En revanche, la question des moyens est source d’inquiétude. "Nous ne sommes toutefois pas encore en mesure de crier victoire. En 2009, la croissance des investissements dans la riposte au sida a ralenti pour la première fois", avertit le responsable onusien. Si 15,9 milliards de dollars ont été mis à la disposition de la lutte contre le sida en 2009, il manque 10 milliards sur les quelque 26 milliards nécessaires pour couvrir les besoins en 2010, déplore Onusida. "J'ai peur car si on arrête les financements, les cinq millions de personnes qui sont sous traitement vont commencer à mourir", a déclaré le directeur de l'agence onusienne.

Environ 30 millions de personnes sont mortes du sida depuis l'apparition de la maladie dans les années 1980 et 60 millions ont été contaminées, explique le document de l'organisme onusien établi en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Par régions, l'Afrique subsaharienne demeure la plus touchée avec plus des deux tiers (67%) de l'ensemble des personnes vivant avec le VIH et près des trois quarts (72%) des décès liés au sida en 2009.